La victoire en trompe-l'œil de Macron — Législatives

22 Juin, 2017, 06:40 | Auteur: Jonathan Ford
  • Le scrutin est d’importance car le nouveau président Emmanuel Macron a besoin d’une majorité au parlement pour pouvoir gouverner. La barre est à 289 sièges

Le parti, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la défaite de 1993. Pour gouverner, le parti présidentiel devrait donc former une coalition avec un ou deux autres partis représentés. A droite, le secrétaire général du parti Les Républicains Bernard Accoyer Accoyer (LR) a jugé que le premier tour était "décevant pour notre famille politique". L'abstention. Elle a atteint, en ce premier tour des élections législatives, un niveau record.

La gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise), obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, communistes inclus.

Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur, l'alliance La République en marche-MoDem obtient 32,32% des voix, devant le bloc LR/UDI/Divers droite (21,56%), la France insoumise/PCF (13,74%), le FN (13,20%) et le PS et ses alliés (9,51%). En revanche, il peut espérer battre le record de sièges pour un seul parti, détenu par l'UMP en 2002 (365 sièges).

Parmi les battus du premier tour, le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti, François Lamy, Kader Arif, Christian Eckert. "L'unanimisme est le terreau de l'aveuglement et le ferment des tensions", a-t-il averti.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, avait voté en début de matinée dans sa ville du Havre, via une machine électronique.

Les candidats La République en marche/MoDem arrivent largement en tête (32,2%) pour le 1er tour des élections législatives, selon les premières estimations ce dimanche.

Les divisons internes, notamment sur la question de la sortie de l'euro et la prise de distance de la très populaire Marion Maréchal-Le Pen, nièce de Marine, ont cependant ébréché les espoirs du Front National de remporter les 45 circonscriptions où Marine Le Pen a obtenu plus de 50% au deuxième tour de la présidentielle.

Après le triomphe des présidentielles, place au raz-de-marée des législatives.

Et le fait de disposer de presque tous les pouvoirs va renforcer les exigences."Il est en position de force pour appliquer son programme, ce qui suppose que les Français lui demanderont d'autant plus de rendre des comptes, ils attendront des résultats", prévient ainsi Frédéric Dabi, de l'institut de sondage Ifop.

Ce premier tour est aussi marqué par le recul du Front national qui n'obtiendrait que 13,5% des voix, donc de deux à cinq députés, selon Kantar Sofres-One Point.

Un score qui confirme les sondages réalisés avant l'élection qui donnaient tous une très large majorité au nouveau président de la République.

Le Premier ministre a appelé sur Europe 1 les électeurs à lui donner "une majorité stable et puissante", permettant de mener la politique de réformes voulue par le chef de l'État. "Dès l'instant qu'ils décideront d'élire Emmanuel Macron à la présidence de la République, je ne les vois pas, trois semaines après, le priver des moyens pour gouverner à l'Assemblée nationale".

Ceux ci ont déjà éliminé les ténors des partis traditionnels et élu comme président un homme de 39 ans encore inconnu de tous il y a quelques années.

Une faible participation pourrait aussi limiter le nombre de triangulaires le 18 juin: car pour avoir le droit de se présenter au second tour, il faut avoir obtenu au premier un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% du nombre d'inscrits dans la circonscription.

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