L'assaillant, pourtant fiché, détenait légalement des armes — Champs-Elysées

21 Juin, 2017, 02:31 | Auteur: Lynn Cook

Une perquisition était en cours lundi soir au Plessis-Pâté, dans l'Essonne, au domicile de l'auteur de l'attentat, selon des sources proches de l'enquête.

Fiché " S " depuis 2015, l'homme âgé de 31 ans, qui a percuté, lundi après-midi, un fourgon de gendarmerie sur les Champs-Elysées, pratiquait le tir sportif assidûment depuis six ans et possédait un permis de détention d'armes valable jusqu'en 2020. "Ce n'est pas un souci dans la procédure (.) si on lui opposait un refus de renouvellement, alors qu'il était inconnu de la justice, cela allait attirer son attention alors qu'il était sous surveillance", a souligné une autre source proche du dossier.

Deux bonbonnes de gaz fermées, sans dispositif de mise à feu, un fusil d'assaut israélien, deux armes de poing et un important stock de munitions ont été retrouvés dans sa voiture.

L'assaillant est mort peu après d'un "arrêt cardio-respiratoire, probablement dû à un effet de souffle et à l'inhalation de fumées", a précisé cette source. Neuf étaient enregistrées auprès des autorités, dont trois soumises à une autorisation particulière (deux pistolets et une carabine).

Le terroriste présumé, auteur de l'attentat raté avenue des Champs-Élysées hier, était inscrit au Fichier S depuis 2015.

Mais c'est surtout un voyage en Turquie en 2015 avec son ex-épouse et ses enfants qui a éveillé les soupçons des services de renseignements. Il avait invoqué des motifs professionnels pour justifier ces déplacements dans ce pays connu pour être une voie d'accès privilégiée des jihadistes européens vers la Syrie.

Adam Djaziri a bénéficié en 2012 de l'autorisation de détention et de transport pour tir sportif. Il avait été "repéré dans un appartement où il y avait des armes et des gens proches de la mouvance jihadiste", selon une source proche du dossier.

"La première autorisation de détention d'armes a été donnée avant le signalement de cet individu (.) Et au moment où l'autorisation a été donnée, il n'y avait aucun antécédent judiciaire qui aurait justifié une décision de ne pas autoriser la détention d'armes", a expliqué le Premier ministre Édouard Philippe sur RMC/BFMTV.

Selon son père interrogé par l'AFP, l'homme "avait une arme qui était déclarée, il s'entraînait au tir". Ce qui ne l'a pas empêché de reconnaître que "personne ne pouvait se satisfaire" de cette situation.

"Deux gendarmes étaient venus en octobre 2016" à son club de tir "et avaient posé des questions sur cet individu". Il a à nouveau fait l'objet d'une enquête fin 2016, début 2017 lors de sa demande de renouvellement.

Quatre membres de l'entourage de l'assaillant, interpellés lundi lors des perquisitions au domicile familial dans l'Essonne, étaient mardi matin en garde à vue.

Comment en est-on arrivé là?

"Pour l'heure, Sylvain Tanguy, maire de la commune dans laquelle résidait le suspect se content d'évoquer une famille très discrète, qui ne sortait pas beaucoup et n'a jamais fait parler d'elle".

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