L'Assemblée s'offre un nouveau visage rajeuni, renouvelé, féminisé

20 Juin, 2017, 02:05 | Auteur: Lynn Cook
  • Un record de femmes élues à l’Assemblée nationale

Le parti radical de gauche (et divers gauche), favorable au gouvernement, est crédité de 13 sièges.

Selon les premières estimations, l'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI obtiendrait entre 128 et 130 sièges, au-dessus de la fourchette espérée à droite après le premier tour.

Le Parti socialiste et ses alliés, qui détenaient 302 sièges dans l'Assemblée sortante, décrocheraient entre 46 et 50 sièges.

Au total, 223 femmes ont été élues députées dans la nouvelle Assemblée nationale à l'issue du second tour des élections législatives dimanche. La participation au scrutin a encore baissé par rapport au premier tour lors duquel plus d'un Français sur deux ne s'était pas déplacé aux urnes.

Un premier tour qui avait été marqué par une très forte abstention, de plus de 51%, à comparer aux 42,78% du premier tour de 2012. Emmanuel Macron a remporté une large majorité présidentielle, avec plus de 350 sièges, loin devant Les Républicains (162 sièges). Autant dire que le vote a eu lieu sans le moindre suspense, si ce n'est le sort de quelques caciques porteurs des couleurs des partis traditionnels, pourtant laminés dès le premier tour. Le PS et ses alliés auraient entre 29 et 34 députés, la France Insoumise et le PCF entre 12 et 17, le Front national entre 4 et 6.

Louis Aliot, vice-président du Front national et compagnon de Marine Le Pen, a annoncé dimanche à l'AFP son élection dans la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales, face à Christine Espert (Modem). Le FN triple malgré tout le nombre de ses députés et compterait entre six et huit députés sans parvenir à constituer un groupe parlementaire. La défaite historique du Parti socialiste a aussi touché Jean-Christophe Cambadélis, éliminé dès le premier tour à Paris. Sur les 345 députés candidats à leur réélection, seuls 140 ont passé la rampe.

Les voyants sont donc au vert pour faire adopter les grandes réformes du quinquennat qui s'ouvre, à commencer par la réforme du droit du travail, et la loi "pour la confiance dans notre vie démocratique" portée par François Bayrou. Comme de tradition après un scrutin législatif, son Premier ministre Edouard Philippe devrait remettre lundi ou mardi la démission de son gouvernement et en former immédiatement un nouveau, qui ne devrait pas comporter de grands changements.

Au second tour, la majorité relative suffit pour être élu. Néanmoins, ce vaste groupe peut-il porter les ferments d'une fronde, crainte de M. Macron qui garde un souvenir acide de la révolte d'une frange des députés socialistes lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l'Elysée (2012-2014) puis ministre de l'Economie (2014-2016)? Pour cette XVe législature, l'Assemblée sera en tout état de cause profondément renouvelée. Seuls 222 députés sortants étaient qualifiés pour le deuxième tour et 224 autres sortants ne se représentaient pas, plus du double qu'en 2012.

Une transformation en profondeur du paysage parlementaire va naître de l'irruption d'un nombre conséquent de novices en politique, REM ayant retenu pour moitié de ses candidats des hommes et des femmes de la société civile qui n'ont jamais exercé la moindre fonction d'élu.

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