Brexit: Bruxelles et Londres d'accord sur les priorités et le calendrier

20 Juin, 2017, 00:09 | Auteur: Lynn Cook
  • David Davis le ministre britannique en charge du Brexit

Le Brexit, c'est pour lundi 19 juin.

Le Royaume-Uni ambitionne de sceller avec l'UE un accord "comme aucun autre dans l'Histoire ", avait déclaré le ministre britannique du Brexit David Davis, à quelques heures de l'ouverture des négociations sur la sortie du Royaume-Uni du giron européen.

"Notre objectif est clair: nous devons d'abord nous attaquer aux incertitudes créées par le Brexit", a déclaré M. Barnier, en anglais, appelant à une "discussion constructive".

La première étape devra être consacrée à trouver un accord sur trois dossiers érigés en priorités par les 27: le sort des expatriés européens au Royaume-Uni et des Britanniques installés dans l'UE, la question de la frontière irlandaise, et le "règlement financier", c'est-à-dire le paiement par Londres de tous les engagements déjà pris au sein de l'UE.

Dans un premier temps, quatre séances de négociations prévues une fois par mois entre le 17 juillet et le 9 octobre prochains ainsi que des groupes de travail consitués d'experts discuteront des sujets les plus pressants.

Les Britanniques voulaient discuter dès le départ de leur "relation future" avec l'UE, notamment sur le plan commercial. "Prise en étau entre les " soft Brexiters " et les plus ultra des " hard Brexiters ", la Première ministre britannique doit désormais composer avec deux nouvelles nuances: "le " sensible Brexit " des unionistes nord-irlandais du DUP, qui veulent empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Ulster, et l'" open Brexit " du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, qui, après avoir multiplié les contre-vérités lors de la campagne référendaire de 2016, se plaît maintenant à rêver d'une sortie " joyeuse " pour les deux parties".

Les Britanniques semblent avoir accepté ce tempo.

Les Négociations commencent alors que les Européens craignent que la fragilité du gouvernement de Theresa May ne complique ces tractations historiques.

"Le meilleur moyen de passer cette semaine est de reconstruire la confiance, de lancer un processus constructif sans trop de feux d'artifice", analyse un haut responsable européen, jugeant que les deux parties ont "un intérêt commun cette semaine: montrer que nous n'allons pas d'un désastre à un autre".

Elle a perdu sa majorité absolue au Parlement après des législatives anticipées le 8 juin, qu'elle avait elle-même voulues pour renforcer son assise lors des négociations du Brexit.

Car côté britannique, les difficultés du gouvernement s'accumulent.

À Londres, le début de ces importantes négociations avec l'UE survient dans une période d'insécurité intérieure à la suite d'un nouvel attentat commis dimanche par un homme au volant d'un camion qui a foncé sur des musulmans à la sortie d'une mosquée de Londres.

Theresa May est susceptible de voir son autorité être remise en cause par les élus eurosceptiques du parti conservateur si elle modère ses projets en matière de Brexit, rapporte le Sunday Telegraph, citant des sources proches du parti.

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