Theresa May Perd La Main — Royaume-Uni

19 Juin, 2017, 01:36 | Auteur: Aubrey Nash
  • Élections en Grande-Bretagne : Theresa May perd sa majorité absolue, selon les premières projections

L'UE espère commencer à négocier dès le 19 juin, mais l'échec de Mme May dans ces élections, pourtant convoquées de manière anticipée afin d'obtenir une majorité renforcée pour le Brexit, a plongé Londres et Bruxelles dans l'incertitude.

Les conservateurs sont en tête du scrutin mais ont perdu une douzaine de sièges, tandis que l'opposition travailliste en a gagné une petite trentaine, selon des résultats quasi définitifs au terme desquels les Tories ne peuvent plus obtenir de majorité absolue.

Avec seulement 314 sièges selon les projections, contre 330 précédemment, il manque une dizaine de sièges au Parti conservateur de Theresa May pour avoir la majorité absolue à la Chambre des Communes. Tout semblait jouer en sa faveur: son rival travailliste, Jeremy Corbyn, paraissait trop à gauche pour pouvoir offrir une victoire à son camp. Le pays se retrouve aujourd'hui dans une situation de " parlement suspendu " en l'absence de majorité absolue car aucun parti ne récolte les 326 sièges nécessaires pour gouverner seul.

Au sein même des Tories, l'ancienne ministre Anna Soubry a estimé que la Première ministre devait envisager une démission, soulignant qu'elle se trouve "dans une situation très difficile". Elle s'est contentée jeudi soir d'une déclaration lapidaire: "Quels que soient les résultats", son parti "assurer (ait) la stabilité" dont "le pays a besoin", avait-t-elle avancé.

La livre sterling a lourdement chuté vendredi perdant 1,5% de sa valeur face au dollar.

D'après plusieurs médias britanniques, des poids lourds du parti tory ont réclamé leur tête à Theresa May si celle-ci ne voulait pas risquer d'être mise elle-même sur la sellette, au moment où elle tente de former un gouvernement de minorité avec l'appui du parti protestant nord-irlandais DUP. Mais l'impatience commence à se faire sentir, d'autant que le calendrier général des négociations, lui, restera étalé sur deux ans.

Un nouveau Parlement mais pas de nouveau gouvernement au Royaume-Uni après les élections. Toutefois, "je ne suis pas sûr qu'il faille lire les résultats de ce scrutin comme remettant en cause en quoi que ce soit la position exprimée souverainement par les Britanniques sur le Brexit", a-t-il ajouté. Le numéro 2 du parti, Angus Robertson, et l'ancien leader, Alex Salmond, ont été battus dans leur circonscription. De son côté, le parti europhobe Ukip s'est effondré en perdant son unique siège.

Le problème pour Theresa May est double.

La presse britannique ne ménageait pas la Première britannique ce matin: " Retour de flamme pour le pari de Theresa May d'élections anticipées", titre le libéral Financial Times ce matin.

Après les surprises du référendum sur la sortie de l'UE et de l'élection de Donald Trump, "c'est la leçon des deux dernières années", analyse Brian Klaas, de la London School of Economics.

"On ne veut pas que ces attaques influencent ce qu'on pense", a assuré Javed, 23 ans, dans un bureau de vote de Barking (est de Londres), d'où provenaient des auteurs de l'attentat de samedi.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici a estimé que Mme May avait "perdu son pari", son homologue allemand, Günther Oettinger, jugeant lui que Londres était désormais un partenaire "faible" et "mauvais" pour négocier le Brexit.

Mais M. Corbyn a signé une campagne plus réussie qu'attendue par les politologues, multipliant les meetings au contact des électeurs, exploitant plusieurs faux-pas de Mme May, notamment sur la protection sociale.

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