Trump réfute tout "complot" avec la Russie et accuse Comey de fuites

18 Juin, 2017, 03:12 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 7 juin 2017 à Washington  © AFP  JIM WATSON

L'ancien directeur du FBI a livré ce jeudi un témoignage exceptionnel au Sénat sur Donald Trump, qui l'a limogé le mois dernier après l'avoir pressé pendant des mois dans l'enquête sur la Russie. Hier, il s'est exprimé devant le congrès au sujet des pressions que le président amériain aurait exercé sur lui avant le l'évincer. On découvrait alors que le président américain lui aurait demandé de "laisser tomber " l'enquête visant son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, soupçonné de liens avec la Russie. Elle vient confirmer ce que tout le monde sait sur Trump et ses abus de pouvoir permanents, ses improvisations mais il est probable que cela ne pourra déboucher sur une procédure d'impeachment dont les Républicains ne veulent absolument pas.

Selon M. Comey, cette requête concernait toute investigation relative aux "fausses déclarations de M. Flynn concernant ses conversations avec l'ambassadeur russe", et non l'enquête plus large sur l'éventuelle collusion entre la Russie et la campagne du républicain.

Elle devait porter en revanche sur un épisode de cette saga qui ne cesse d'embarrasser la nouvelle administration: les relations qu'a entretenues par M. Comey avec le président jusqu'au départ du chef de la police fédérale. Lui qui d'habitude est très réactif sur le réseaux social, a pris son temps, ne répondant que ce matin du vendredi 9 juin.

Donald Trump a-t-il fait obstruction à la justice?

"Sur le fond comme sur la forme, le président n'a jamais dit à M. Comey +J'ai besoin de loyauté, je m'attends à de la loyauté+", a indiqué Marc Kasowitz dans un communiqué, en référence aux termes utilisées par M. Comey.

Pour sa part, Donald Trump n'a pas commenté personnellement le témoignage de James Comey. Cette volonté d'éviter les témoins a même tellement "inquiété " James Comey qu'après ces face-à-face, celui-ci s'empressait de prendre des notes, pour pouvoir se souvenir des conversations et, mieux, se prémunir d'éventuels "mensonges " du président.

Avant la réaction de Donald Trump sur Twitter vendredi, une porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, avait assuré que le président n'était "pas un menteur".

Une accusation grave qui n'empêche pas le président de se dire conforté par le témoignage fleuve de l'ancien premier flic. Il a confié aussi avoir "craint honnêtement" que le président des États-Unis ne mente sur la nature de leurs rencontres. "Quand j'ai été nommé directeur du FBI en 2013, j'ai bien compris que je servais le président".

Il a par la suite demandé à un ami de transmettre ces notes à des journalistes afin de précipiter la nomination d'un procureur spécial. L'ex-directeur du FBI se serait en effet, presque écrié devant le sénat en déclarant: "Oh seigneur, j'espère qu'il y a des enregistrements!".

16h08: M. Comey, le visage fermé et mitraillé par les photographes, doit d'abord lire une déclaration liminaire, déjà publiée mercredi, dans laquelle il a raconté que le dirigeant américain lui avait demandé d'abandonner l'enquête sur l'un de ses proches, le général Michael Flynn, ce qui représente pour certains élus d'opposition une tentative d'entrave à la justice.