Le parti d'Emmanuel Macron vers une victoire écrasante aux législatives — France

18 Juin, 2017, 01:19 | Auteur: Lynn Cook
  • Décomptes des voix lors du premier tour des élections législatives le 11 juin 2017 à Châteaulin

Les Français s'apprêtent à donner une très large majorité parlementaire à Emmanuel Macron dimanche au second tour des élections législatives, au terme d'une séquence électorale qui a vu la déroute des partis traditionnels et bouleversé le paysage politique.

La République en Marche l'emporterait largement dimanche au second tour des législatives, avec dans tous les cas de figure environ 60% des voix, lors d'un scrutin marqué par une nouvelle poussée de l'abstention, selon un sondage Opinionway Orpi diffusé jeudi.

Le vote aura lieu dès samedi en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélémy. En métropole, les bureaux de vote seront ouverts dimanche jusqu'à 18h - jusqu'à 20h dans les grandes villes.

Après le succès de La République en Marche au premier tour, le chef de l'Etat attend "une confirmation" qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail ou la loi de moralisation politique qui seront au programme du Parlement dès juillet.

La formation d'Emmanuel Macron remporterait entre 440 et 470 sièges sur les 577 que compte l'Assemblée nationale, Les Républicains alliés à l'UDI de 60 à 80 sièges, le Parti socialiste et ses alliés de 22 à 35, selon les projections de l'institut. Loin derrière, les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies, devraient enregistrer de sérieux revers, avec l'effondrement du Parti socialiste et Les Républicains en grande difficulté.

"On a tiré contre tout ce qui représentait un système antérieur et on essaye autre chose", résume le constitutionnaliste Didier Maus. Soit l'une des majorités les plus imposantes de la cinquième République née en 1958.

Au total, 1146 candidats, dont 40% de femmes, s'affrontent dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l'un des 573 sièges de députés encore en jeu pour un mandat de cinq ans.

Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de la forte abstention.

La République en Marche est la plus représentée avec 454 candidats, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le PS (65) et le MoDem (62). Reste à en connaître l'ampleur réelle. "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", tempère Emmanuel Rivière de Kantar Sofres. Si les dernières tendances créditaient le mouvement En Marche de 400 à 450 députés à l'Assemblée nationale, un sondage Elabe réalisé pour BFMTV a révélé aujourd'hui que 61% des français souhaitent une rectification du "premier tour en apportant une majorité de députés favorables à Emmanuel Macron moins importante qu'attendue".

Le dernier sondage, Odoxa pour Le Point, publié avant le second tour date lui de vendredi.

Le grand chamboulement est assuré.

Dans la circonscription Suisse/Liechtenstein, le second tour mettra aux prises le candidat REM Joachim Son-Forget et la députée LR sortante Claudine Schmid.

Au premier tour, le mouvement d'Emmanuel Macron a obtenu 32,3% des voix. - Parti Socialiste : Le PS, qui avait envoyé près de 300 députés au Palais Bourbon en 2012, pourrait n'en garder qu'une vingtaine. Enfin, La France insoumise et le PCF obtiendraient 14 à 25 sièges, le Front national entre 1 et 6. Avec 13,74% des voix au premier tour, LFI et le PCF ne peuvent espérer obtenir qu'un nombre de députés suffisant (15) pour constituer un groupe à l'Assemblée.

Le FN (13,3% le 11 juin) n'est lui crédité que de 1 à 5 sièges, dont celui de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont.

Une dizaine de candidats seront très suivis, notamment Jean-Luc Mélenchon à Marseille, Manuel Valls dans l'Essonne, Najat Vallaud-Belkacem à Villeurbanne ou Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris.

"Allez voter!", a lancé jeudi aux électeurs le Premier ministre Edouard Philippe.

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