Etats-Unis: le procès Cosby annulé

18 Juin, 2017, 00:49 | Auteur: Lynn Cook
  • L'acteur américain Bill Cosby le 12 juin 2017 à Norristown aux Etats-Unis

En fin de matinée, jeudi, le jury avait indiqué au juge Steven O'Neill qu'il se trouvait dans une impasse. Il a reconnu s'être livré à des attouchements ce jour-là, mais assure que la relation était consensuelle.

Bill Cosby est accusé d'agression sexuelle sur Andrea Constand, à son domicile, début 2004.

Il demeure inculpé et en liberté sous caution, a précisé le juge Steven O'Neill, qui a indiqué qu'il souhaitait que le nouveau procès se tiennent d'ici 120 jours (4 mois environ), même si la loi prévoit normalement un délai maximum d'un an.

Le procureur du comté de Montgomery Kevin Steele, qui avait inculpé le comédien, a immédiatement annoncé qu'il demanderait la tenue d'un second procès, comme l'y autorise la loi. "Oui", a répondu Bill Cosby.

Bill Cosby a confirmé ce matin au juge responsable de son procès pour agression sexuelle qu'il n'allait pas témoigner pour sa défense, selon les conseils de ses avocats.

Vers une annulation du procès? Plusieurs femmes se présentant comme des victimes d'abus sexuels de la part de Bill Cosby ont également écouté les questions posées au juge et les réponses lues au jury.

Tout est basé sur le témoignage des deux protagonistes, faute d'élément matériel ou de témoin direct qui pourraient corroborer l'une ou l'autre version.

Mais la loi américaine exige que les 12 jurés s'accordent à l'unanimité pour qu'un verdict puisse être prononcé.

"Le pouvoir de M. Cosby a été restauré", a déclaré son porte-parole, Andrew Wyatt, à l'issue de l'audience, aux côtés de Bill Cosby qui ne s'est pas exprimé. "La justice sera rendue".

Pour Victoria Valentino (74 ans), un ancien modèle du magazine de charme Playboy qui assure avoir été violée par Bill Cosby en 1969, l'accusation devrait mieux s'en tirer lors du prochain procès.

A l'extérieur du bâtiment, une poignée de badauds lui crient, à chacun de ses passages, leur affection, à laquelle il répond presque systématiquement d'un mot ou d'un geste.

"Ils ont appris les ficelles" du dossier, a-t-elle expliqué.

Pour elle, l'affaire Cosby a relancé le débat sur le viol et la notion de consentement, ce qui est déjà, en soi, une victoire.

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