HRW prévient la coalition internationale anti-EI sur le phosphore blanc

17 Juin, 2017, 07:54 | Auteur: Jonathan Ford
  • Des familles syriennes qui ont fui les combats à Raqa arrivent au camp d'al-Karamah le 13 juin 2017  AFP

L'agence de presse de Daech affirme que du phosphore blanc a été utilisé à l'aube, jeudi dernier, à Raqqa.

Des images fortes, partagées la semaine dernière par des militants et le groupe EI, ont montré du phosphore blanc utilisé dans la ville syrienne de Raqqa, que les forces antijihadistes tentaient de reprendre à l'EI. De son côté, le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP) a précisé que "cette substance brûle jusqu'à ce qu'elle disparaisse, en provoquant des brûlures du second ou du troisième degré (qui peuvent atteindre les os) sur toutes les parties exposées des personnes touchées par les particules".

Interrogé à ce sujet, le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la coalition, a refusé de "discuter les détails de l'utilisation de nos munitions ou de nos capacités (militaires)".

Selon Aymeric Elluin, responsable du plaidoyer armes et impunité d'Amnesty International, ces armes controversées " représentent un danger double, immédiat et sur la durée", a-t-il expliqué au Monde. Les obus de phosphore permettent aussi d'illuminer un champ de bataille. Ils ont le même effet à terme que des mines antipersonnel.

L'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) s'est ému de la situation et a exhorté la coalition à protéger les populations des effets du phosphore blanc.

"Peu importe comment il est utilisé, le phosphore blanc présente un risque élevé d'effets néfastes et durables sur les villes densément peuplées", a souligné Steve Goose, directeur de la division Armes de l'ONG.

Sur les deux théâtres d'opérations militaires de Raqqa, en Syrie, et de Mossoul, en Irak, les Etats-Unis ont décidé de recourir au phosphore blanc.

HRW a dit ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante si des civils avaient été touchés par l'usage de phosphore blanc par la coalition.

Comme le rappelle L'Express, " le phosphore blanc a été utilisé par le régime syrien à Alep et (...) par l'Arabie saoudite au Yémen, (...) par l'armée américaine en Irak lors de la reprise de Fallouja, en 2004, par Israël à Gaza, en 2009, et par la Russie en Tchétchénie, en 1994 ".

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