Des SMS anti-Poutine en direct à la télévision — Russie

17 Juin, 2017, 07:25 | Auteur: Lynn Cook
  • RIA Novosti. Vladimir Astapkovitch Poutine revient sur l’ingérence US dans les élections russes de 2012

Vadimir Poutine n'a été qu'implicitement interrogé sur les manifestations organisées deux fois en trois mois par son premier opposant Alexeï Navalny, marquées encore lundi par plus de 1700 arrestations. "Trois mandats présidentiels, c'est assez!".

Lors de sa quinzième séance annuelle de questions-réponses intitulée " Ligne directe ", durant laquelle les Russes sont invités à poser leurs questions directement au président, Vladimir Poutine a dû répondre sur tous les sujets qui intéressent ces concitoyens: la pauvreté, les décharges à ciel ouvert, le prix des médicaments ou l'art d'être grand-père.

La grande majorité des doléances ont porté cette année sur les difficultés économiques rencontrées par les habitants à travers la Russie, notamment en province: salaires minuscules, amateurisme des responsables locaux et inefficacité de l'administration, désastres écologiques et infrastructures inexistantes.

"Aidez-nous, Vladimir Vladimirovitch! Nous voulons vivre et non plus survivre", a interpellé une jeune femme de la région de Mourmansk, dans le nord du pays, malade du cancer, devant un hôpital dont la construction n'a jamais été terminée.

"La récession est terminée", a insisté M. Poutine, soulignant que l'économie russe avait connu trois trimestres de croissance "modeste" après deux ans de crise due à l'effondrement des prix du pétrole et aux sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne.

Vladimir Poutine a jugé jeudi "préoccupante" la progression de la pauvreté subie par les Russes ces dernières années à cause de la crise, promettant des mesures pour leur niveau de vie et appelant à augmenter la productivité du travail pour favoriser l'emploi. Un bond en arrière de dix ans en termes d'amélioration du niveau de vie après d'importants progrès au début des années 2000.

Ces doléances interviennent au lendemain de l'adoption de nouvelles sanctions contre la Russie par le Sénat américain, décision vivement critiquée par M. Poutine et qui relève selon lui d'une politique d'"endiguement" de Washington à l'égard de Moscou. "Nous ne considérons pas l'Amérique comme notre ennemi", a-t-il affirmé. Le président russe a en effet raillé la déposition de l'ancien patron du FBI James Comey, limogé par Donald Trump alors qu'il enquêtait sur l'éventuelle ingérence de Moscou dans l'élection américaine et a proposé sur le ton de la plaisanterie de lui offrir "l'asile politique".

Le président russe a ensuite estimé qu'organiser des "actions de protestation dans le cadre des procédures démocratiques" constitue "un bon moyen d'alerter le pouvoir de n'importe quel pays, y compris la Russie, sur le point de vue des gens qui ne sont pas d'accord avec les autorités".

Le président a également évoqué pour la première fois ses petits-enfants et dit souhaiter qu'ils vivent "normalement", révélant pour la première fois leur existence à la télévision russe.

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