L'Iran juge la réaction de Donald Trump "répugnante" — Attentat de Téhéran

09 Juin, 2017, 01:56 | Auteur: Lynn Cook

L'Iran a jugé ce jeudi "répugnante" la réaction de Donald Trump, qui avait laissé entendre, la veille, que l'Iran était indirectement responsable des attentats de Téhéran. Le Parlement et le mausolée de l'ayatollah Khomeini, deux lieux hautement symboliques, ont été touchés et treize personnes ont été tuées tandis qu'une quarantaine ont été blessées. Il les a qualifiées de "pétards qui n'auront aucun effet sur la détermination du peuple iranien". Alors que les relations diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis avaient connu un net dégel durant le mandat de Barack Obama, l'arrivée au pouvoir de Donald Trump semble avoir totalement rebattu les cartes.

Le ton du président Trump, en tout cas, tranche avec les "condoléances" et "pensées" plus nuancées transmises plus tôt dans la journée par le diplomatie américaine. "La dépravation du terrorisme n'a pas sa place dans un monde pacifique et civilisé", avait écrit le ministère américain des Affaires étrangères dans un communiqué. Le ministère des Renseignements a publié les photos et les prénoms de ces hommes qui étaient cinq, et non six comme annoncé mercredi. Un kamikaze a fait détoner sa ceinture explosive au sein du Parlement iranien et une femme s'est fait exploser à l'extérieur du mausolée, selon les médias iraniens. Cette passe d'armes intervient au lendemain d'attaques sans précédent à Téhéran revendiquées par le groupe Etat islamique et qui ont fait 13 morts.

Il a accusé l'Arabie saoudite, rival régional de l'Iran, et les Etats-Unis, d'avoir " ordonné à leurs marionnettes " de mener ces attentats. Donald Trump a lui affirmé que ceux 'qui appuient le terrorisme s'exposent à en être victimes'. "Les Gardiens de la révolution ont toujours prouvé qu'ils ne laissent jamais sans vengeance le sang d'innocents versés", a-t-il affirmé à l'agence de presse Fars.

La Russie, alliée de l'Iran, a condamné les attentats, estimant qu'ils prouvaient une nouvelle fois la " nécessité de coordonner la lutte antiterroriste ".

L'Iran est engagé en Irak et en Syrie pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a déjà revendiqué des actions en Iran près des frontières avec l'Irak et de l'Afghanistan.

Damas et Bagdad ont dénoncé ces attaques, ainsi que la France et l'Allemagne.

Lors d'un récent voyage en Arabie saoudite, Donald Trump avait accusé Téhéran de "financer, armer et entraîner des terroristes (.) qui répandent la destruction et le chaos à travers la région" et appelé tous les pays à "isoler" l'Iran. De tels attentats sont exceptionnels à Téhéran, les derniers ayant eu lieu dans les années ayant suivi la révolution islamique de 1979, commis pour la plupart par l'organisation armée des Moudjahidines du peuple. Dans une vidéo publiée en mars, l'EI avait menacé l'Iran.

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