Attentat de Nice, une policière jugée pour diffamation

08 Juin, 2017, 00:35 | Auteur: Sandy Vega
  • Sandra Bertin le 24 juillet 2016

Dans une interview au Journal du Dimanche, le 24 juillet 2016, la policière prétendait avoir été " harcelée " par le ministère de l'Intérieur.

Poursuivie pour complicité de diffamation publique Sandra Bertin est poursuivie pour complicité de diffamation publique envers un dépositaire de l'autorité publique et envers une administration publique.

La policière municipale de Nice qui affirme avoir subi des pressions pour modifier son rapport sur le dispositif policier mis en oeuvre le soir de l'attentat du 14 juillet à Nice est jugée ce mercredi pour diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris. Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait foncé avec son camion dans la foule, faisant 86 morts et 450 blessés sur la promenade des Anglais. Pas de quoi effrayer Sandra Bertin qui maintient avoir subi des pressions. "La police nationale était peut-être là, mais elle ne m'est pas apparue sur les vidéos", déclare-t-elle. Et notamment une présence sous-dimensionnée de la police nationale, selon l'ancien maire de Nice.

Par la voix de son avocat, la policière a annoncé qu'elle va "rapporter la preuve que ce qu'elle dit est vrai". Un rapport de la police nationale assure à l'inverse que le terroriste a voulu éviter un "barrage " de policiers nationaux. Fort d'un rapport de l'IGPN (la police des polices) qui estime que le dispositif n'était pas sous-dimensionné, il poursuit Sandra Bertin en diffamation.

Envoyé le 15 juillet auprès de Sandra Bertin, il assure n'avoir discerné aucune "intention maligne" de la part de sa hiérarchie, et n'avoir exercé aucune "pression" dans l'établissement de ce rapport destiné "aux plus hautes autorités". Une première plainte qu'elle avait déposée en ce sens, à Nice, a été classée par le parquet, en janvier. Une présence que Sandra Bertin affirme n'avoir pas vue sur les vidéos de surveillance. Elle en dépose une seconde devant le doyen des juges d'instruction de sa ville, avec constitution de partie civile: l'information judiciaire, dont l'ouverture est quasi-automatique dans ce type de procédure, est actuellement en cours.

Chargée, dans le cadre de l'enquête sur l'attentat, de rédiger un document décrivant les mesures de sécurité en place au moment de l'attaque, la fonctionnaire a soutenu avoir reçu des instructions précises de sa hiérarchie quant au contenu du rapport.