Le (presque) sans fautes de Pedro Almodovar — Festival de Cannes

30 Mai, 2017, 04:48 | Auteur: Sue Barrett

Pas moyen de crier au scandale à Cannes cette année.

'The Square' de Ruben Östlund est une comédie particulièrement acide et qui attaque subtilement les travers de nos sociétés occidentales, l'art contemporain, les médias, les réseaux sociaux, et l'hypocrisie des pseudos intellectuels. 2h22, c'est de la gourmandise...

Il est l'un des rares à avoir fait rire aux éclats les spectateurs, notamment avec une scène de préservatif. Quelques scènes sont des moments d'anthologie. En couronnant "The Square " de Ruben Östlund, non seulement il a fait preuve de personnalité, mais aussi de volonté de faire évoluer le cinéma. Ça, ça aurait été un scandale. Nathan, un nouveau venu, va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Robin Campillo, réalisateur de 120 Battements par minute.

C'est une victime, parce qu'elle a perdu sa famille, mais elle refuse d'abandonner. Elle le mérite amplement pour ce rôle de femme dont le mari et le fils ont été tués dans un attentat. "C'est un film extrêmement drôle contre la dictature du politiquement correct", confirme Pedro Almodovar. Dès lors, on peut écrire que tout est bien qui finit bien!

Quant à l'acteur britannique Joaquin Phoenix, il s'est vu décerner le prix d'interprétation masculine pour son rôle dans " You Were Never Really Here ", film réalisé par la Britannique Lynne Ramsay. Le film est très maîtrisé mais, entre sang et scénario alambiqué, ce n'est pas le plus facile. Mais trois ont particulièrement marqué: You Were Never Really Here, de la Britannique Lynne Ramsay, Faute d'amour du Russe Andreï Zviaguintsev et 120 battements par minute, du Français Robin Campillo. Depuis "The Lobster", le Grec Yorgos Lanthimos prouve qu'il a une folie créative étonnante. Le film a reçu le prix du scénario. La réalisatrice a déjà signé des chefs-d'œuvre avec "Virgin Suicide" ou "Lost in Translation" mais, ici, avec "Les Proies" c'est un peu mou du genou.

PRIX DU 70e ANNIVERSAIRE: Nicole KIDMAN.

Sofia Coppola-Photo News La réalisatrice américaine Sofia Coppola a reçu dimanche le prix de la mise en scène du 70e Festival de Cannes pour "les Proies". Cette année, un tournant semble avoir été pris.

A ces livres ajoutons deux autres, signés de Didier Lestrade, l'un des co-fondateurs du mouvement en France, et dont la vie a fotement inspiré l'un des personnages du film: Sida 2.0: 1981-2011: 30 ans de regards croisés: 30 ans = 30 millions de morts du sida (Fleuve noir, 2012) ou Act up: une histoire (Denoël, 2000). Aucune récompense pour Okja de Bong Joon-ho et l'histoire de ce monstre attachant, ni pour Le Redoutable de Michel Hazanavicius et Louis Garrel en Jean-Luc Godard, ni le François Ozon et sa psychanalyse dénudée.

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