Début du vote à la présidentielle en Iran

21 Mai, 2017, 11:53 | Auteur: Aubrey Nash

A Téhéran comme en province, l'affluence semblait forte dès l'ouverture des bureaux devant lesquels se formaient de longues files d'attente, selon l'AFP et les images de la télévision nationale Irib.

Les Iraniens choisissent ce vendredi leur prochain chef de l'Etat pour les quatre années à venir.

Rohani affronte Ebrahim Raissi, un religieux conservateur proche du guide suprême Ali Khamenei, qui se présente comme l'avocat des plus pauvres et veut donner la priorité à "l'économie de résistance", axée sur la production et les investissements nationaux. L'un des premiers à voter a été le guide suprême Ali Khamenei, qui a appelé ses compatriotes à aller aux urnes "massivement, le plus tôt possible".

Rohani a lui aussi accompli son devoir électoral dans un bureau de vote situé dans l'institut religieux Hosseiniyeh Ershad à Téhéran.

Deux autres petits candidats peu connus étaient également en lice pour ce premier tour, un réformateur, qui a appelé à voter Rohani et un conservateur.

En échange d'une levée partielle des sanctions internationales qui frappaient l'Iran depuis près de 10 ans, Téhéran s'est engagé à limiter son programme nucléaire à des fins strictement civiles.

L'accord de Vienne, portant sur le nucléaire, conclu en 2015 entre Téhéran et six grandes puissances, était au cœur du débat télévisé entre les six candidats qui s'est déroulé le 5 mai.

Le président américain Donald Trump, hostile à l'Iran, a réservé son premier déplacement à l'étranger à un sommet avec des dirigeants musulmans dimanche en Arabie saoudite, grand rival régional de Téhéran.

Malgré l'hostilité américaine, l'ambition de M. Rohani est de poursuivre l'ouverture au monde pour attirer davantage d'investissements, tandis que M. Raissi veut défendre les classes les plus défavorisées par la préférence nationale dans le domaine économique.

Le camp du candidat conservateur Ebrahim Raissi a dénoncé des "infractions" lors de l'élection présidentielle qui se déroulait vendredi en Iran.

Outre la conclusion de l'accord nucléaire, le président sortant a réussi à faire chuter l'inflation de 40% en 2013 à 9,5% aujourd'hui. Les résultats définitifs sont attendus demain, au plus tard.

Au cours de sa campagne, Ebrahim Raissi a dénoncé le manque de résultats du président Rohani et accusé le gouvernement de n'avoir agi que pour "l'oligarchie". Mais son bilan économique est mitigé: 27% des jeunes sont au chômage. Selon le ministère de l'Intérieur, le taux de participation devrait dépasser les 72%, comme ce fut le cas en 2013. "Les responsables américains, européens, et ceux du régime sioniste (Israël, ndlr) surveillent nos élections pour voir quel sera le niveau de participation", a affirmé mercredi Ali Khamenei.

Outre la présidentielle, les 56,4 millions d'électeurs votaient pour des élections municipales: l'enjeu dans les grandes villes de Téhéran, Machhad (nord-est) et Ispahan (centre) est un changement de la majorité conservatrice qui les dirige.

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