Présidentielle en Corée du Sud: le favori Moon l'emporte largement

15 Mai, 2017, 01:56 | Auteur: Lynn Cook

Oui, la route est longue et semée d'embuches intérieures et extérieures; mais, qui mieux que ce fils ainé d'un immigré de Corée du Nord, que cet ancien avocat spécialiste des droits de l'homme, que cet ancien " chief of staff " du président Roh Moo-hyun qui avait poursuivi avec brio la politique de réconciliation de la " Sunshine Policy " de Kim Dae-jung, qui mieux que ce vieux " briscard " la politique de 64 ans pour mener à bien cette tâche?

M. Moon prône le dialogue avec la Corée du Nord afin de désamorcer les tensions et de l'inciter à revenir à la table des négociations. "Je me rendrai également à Pékin et Tokyo, et même à Pyongyang si les conditions sont réunies ", a-t-il ajouté... La Chine n'avait pas demandé à Séoul de participer au forum sous le précédent gouvernement Park Geun-hye malgré des invitations envoyées à des dizaines de pays dont la Corée du Nord.

La dénucléarisation de la péninsule coréenne est l'objectif commun de Pékin et Séoul. Le candidat du parti démocrate (centre gauche) a ainsi rapidement mis fin au vide du pouvoir consécutif à la destitution en mars dernier de la présidente Park Geun-hye, impliquée dans une affaire de corruption et d'abus de pouvoir qui a ébranlé le pays. Et pourtant, le nouveau président sud-coréen, favori des sondages, s'est largement imposé par 41,4 % des voix exprimées (estimations effectuées à la sortie des urnes) face à ses adversaires politiques du jour.

En Corée du Nord, on voyait d'un bon oeil une victoire de M. Moon. "Je serai un président à portée du peuple". "Je vous supplie de coopérer".

Son élection pourrait bien marquer un tournant dans la diplomatie régionale, à l'heure où les tensions sont fortes dans la péninsule, la Corée du Nord ayant mené depuis début 2016 deux essais nucléaires et de multiples tests de missiles.

Le département d'Etat américain a dit vouloir poursuivre "une coopération étroite, profonde et constructive" avec le prochain président de la Corée du Sud. Il s'est en outre montré plus hostile au déploiement en Corée du Sud du bouclier américain antimissiles Thaad qui provoque la colère de la Chine.

La Chine, principal partenaire commercial du Sud, a adopté une série de mesures contre les entreprises sud-coréennes, perçues à Séoul comme des représailles économiques.

Après une brève campagne dominée par la problématique de l'emploi et des inégalités, moins par le dossier nord-coréen, les électeurs sont appelés à se rendre jusqu'à 20h00 (11h00 GMT) dans plus de 139.000 bureaux de vote. Il a également promis de rester honnête: "j'arrive à la barre les mains vides, je partirai les mains vides".

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