France: Renault touché à son tour par la vague de cyberattaques internationales

15 Mai, 2017, 02:09 | Auteur: Jonathan Ford

"Une action est en place depuis hier soir". Le parquet de Paris, qui dispose d'une compétence nationale pour ce type d'attaques informatiques, a décidé d'ouvrir cette enquête sans attendre la formalisation des plaintes qui seront versées à la procédure, a ajouté la source judiciaire. "Des problèmes ont affecté une partie du système informatique", a expliqué un porte-parole de cette filiale, faisant état d'une suspension de la production dans l'usine de Novo Mesto. Elle reste suspendue samedi. L'arrêt de la production " fait partie des mesures de protection qui ont été prises pour éviter la propagation du virus ", a déclaré une porte-parole de la marque au Losange, sans préciser le nom des sites concernés. L'usine de Sandouville (Seine-Maritime), qui emploie 3.400 salariés et produit par jour 640 véhicules utilitaires, essentiellement des Renault Trafic, a notamment été touchée, selon des sources concordantes.

Renault est la première entreprise française a reconnaître être touchée par la cyberattaque menée à travers le monde depuis vendredi. "Les problèmes sont principalement liés à la France où certains sites de Renault ont aussi subi des dysfonctionnements". L'attaque est "d'un niveau sans précédent" et "exigera une investigation internationale complexe pour identifier les coupables", a indiqué l'Office européen des polices Europol dans un communiqué.

Le logiciel malveillant verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d'argent sous forme de monnaie virtuelle bitcoin pour en recouvrer l'usage: on l'appelle le "rançongiciel".

L'Agence nationale (française) de la sécurité des systèmes d'informations (Anssi), n'était pas immédiatement joignable pour commenter ces développements.

La Suisse n'a pas été affectée par les cyberattaques qui ont simultanément touché depuis vendredi des dizaines de pays, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Le ministère russe de l'Intérieur a également annoncé avoir été touché par un virus informatique, mais n'a pas précisé s'il s'agissait de la même attaque.

Les captures d'écran d'ordinateurs infectés du NHS britanniques montrent ainsi que les pirates demandent un paiement de 300 dollars en bitcoins.

L'attaque a toutefois sérieusement désorganisé des dizaines d'hôpitaux, contraints d'annuler certains actes médicaux et de renvoyer des ambulances vers d'autres établissements.

D'après la société Kaspersky, spécialisée dans la sécurité informatique, le logiciel malveillant a été publié en avril par le groupe de pirates "Shadow Brokers", qui affirme avoir découvert la faille informatique via la NSA. Le paiement doit intervenir dans les trois jours, ou le prix double, et si l'argent n'est pas versé dans les sept jours les fichiers piratés seront effacés, précise le message. "Si la NSA avait discuté en privé de cette faille utilisée pour attaquer des hôpitaux quand ils l'ont 'découverte', plutôt que quand elle leur a été volée, ça aurait pu être évité", a regretté sur Twitter Edward Snowden, l'ancien consultant de l'agence de sécurité américaine qui avait dévoilé l'ampleur de la surveillance de la NSA en 2013.

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