200.000 victimes dans au moins 150 pays — Cyberattaque

15 Mai, 2017, 00:40 | Auteur: Lynn Cook

"Nous menons des opérations contre environ 200 cyberattaques par an mais nous n'avions encore jamais rien vu de tel", a souligné le patron d'Europol qui craint que le nombre de victimes ne continue à croître "lorsque les gens retourneront à leur travail lundi et allumeront leur ordinateur".

L'attaque informatique conduite vendredi a fait 200.000 victimes dans au moins 150 pays, a annoncé dimanche le directeur d'Europol, l'organisme européen de coopération policière, Rob Wainwright.

De la Russie à l'Espagne et du Mexique au Vietnam, des dizaines de milliers d'ordinateurs, surtout en Europe, ont été infectés par un logiciel de rançon, un "rançongiciel". Microsoft avait corrigé la faille de sécurité avant même qu'elle soit dévoilée, mais les ordinateurs qui n'ont pas été mis à jour, ou qui utilisent d'anciennes versions de Windows, dont XP, y restent vulnérables.

Ce logiciel malveillant verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer une somme d'argent, en l?occurrence 300 dollars (275 euros), pour en recouvrer l'usage.

Dimanche, les enquêteurs et experts informatiques continuaient de traquer les pirates à l'originale de la cyberattaque.

"C'est la plus importante attaque de ce type de l'histoire", a assuré à l'AFP Mikko Hypponen, responsable de la société de sécurité informatique F-Secure, basée en Finlande, en évoquant "130.000 systèmes touchés dans plus de 100 pays". Plusieurs d'entre eux ont été obligés d'annuler ou de reporter des interventions médicales.

Parmi les principales cibles figurent les hôpitaux britanniques, l'entreprise de téléphonie espagnole Telefonica, le constructeur automobile français Renault, la société américaine de livraison de colis Fedex, le ministère russe de l'Intérieur ou la société des chemins de fer allemands Deutsche Bahn.

L'attaque est "d'un niveau sans précédent" et "exigera une enquête internationale complexe pour identifier les coupables", a indiqué l'Office européen des polices Europol, en précisant qu'une équipe dédiée au sein de son Centre européen sur la cybercriminalité avait été "spécialement montée pour aider dans cette enquête, et qu'elle jouera un rôle important". Nous menons un combat compliqué face à des groupes de cybercriminalité de plus en plus sophistiqués qui ont recours à l'encryptage pour dissimuler leur activité. "La menace est croissante", a souligné Rob Wainwright, le directeur d'Europol. Le nouveau logiciel d'exploitation (OS) Windows 10 n'est pas visé.

Les ministres des Finances du G7, réunis samedi à Bari en Italie, ont érigé la lutte contre le piratage informatique au rang de priorité.

WannaCry. Cette gigantesque aurait apparemment été menée à partir de logiciels malveillants initialement développés par la NSA, l'agence américaine de la sécurité nationale, avec un virus qui se diffuse par le biais de documents attachés ou de liens renvoyant prétendument vers des sites connus, mais sont en fait des répliques.

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