La droite déplore une "trahison" de Dupont-Aignan

01 Mai, 2017, 11:26 | Auteur: Sandy Vega

Et pour ce faire, le président de la région Hauts-de-France l'a notamment attaqué sur l'héritage "gaulliste" que le député-maire d'Yerres revendique.

Emmanuel Macron n'a pas mâché ses mots lorsqu'il lui a été demandé de réagir à l'alliance entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, détaillée par les deux intéressés ce samedi 29 avril. Le président du parti Debout la France avait révélé hier soir à la télévision qu'il avait passé un accord de gouvernement avec la candidate du Front national. Une référence claire à la collaboration et au régime de Vichy dont Pierre Laval était le maître d'oeuvre. Certainement pas Nicolas Dupont-Aignan qui a toujours récusé tout rapprochement avec le Front national. Idem pour le sénateur LR Philippe Bas, déplorant que "NDA" se rallie avec "les héritiers de Pétain".

Emmanuel Macron a ironisé sur cette alliance, rappelant qu'avec 4,7% des suffrages exprimés Nicolas Dupont-Aignan n'avait pas franchi le seuil fatidique pour le remboursement des frais de campagne, fixé à 5%.

"Mme Le Pen n'est pas d'extrême droite pour moi", a affirmé M. Dupont-Aignan, qui rejetait jusque-là une alliance à cause de "l'extrémisme" qu'il prêtait au FN.

Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen ont officialisé samedi leur entente lors d'une conférence de presse commune. "Je démens formellement cette accusation ignoble qui révèle le vrai visage d'Emmanuel Macron: contrairement à lui, je ne raisonne pas en termes d'argent, mais avant tout de convictions". "Je renonce ce jour à toutes mes fonctions", a-t-il écrit sur Twitter. "Il manifeste, sans doute les finances d'une campagne présidentielle aidant, la nécessité de s'adosser à un autre parti", a-t-il déclaré devant ses supporters à Châtellerault, dans le centre de la France. "Présidentielle 2e tour: à titre personnel, je ne me reconnais ni dans Madame Le Pen ni dans Monsieur Macron. Je ne voterai pour aucun d'eux" a commenté pour sa part le proche collaborateur à Yerres de Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Clodong, conseiller départemental de l'Essonne, premier adjoint au maire de Yerres. C'est "un choix très courageux, mais pas un chèque en blanc".

Des cadres du mouvement ont toutefois confirmé leur soutien au député de l'Essonne. "J'ai confiance en lui et je continue bien évidemment à le soutenir", a indiqué à l'AFP Nicolas Calbrix, délégué national du parti. Alexandre Loubet, président de "Debout les Jeunes", a aussi approuvé le choix de son patron, qui "brise le barrage".

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