Les salariés de Whirlpool à Amiens bloquent leur usine

29 Avril, 2017, 19:55 | Auteur: Aubrey Nash
  • Présidentielle: la séquence Whirlpool sur les réseaux sociaux

Si aucun repreneur n'était trouvé, il s'agirait d'une mauvaise nouvelle supplémentaire dans une région déjà marquée par la fermeture de Goodyear à Amiens Nord (1.143 salariés en 2014), Continental à Clairoix (683 salariés en 2010), mais aussi plus récemment de l'usine du fabricant de matelas Sapsa-bedding à Saleux (143 salariés en 2015).

Le président du Parlement, Marek Kuchcinski a dénoncé pour sa part une "déclaration insouciante et mal-informée" et estimé que les sanctions annoncées par Emmanuel Macron relevaient d'un "délire".

"Sur le dossier de Whirlpool, dans les trois mois qui suivront mon élection, il y aura une décision prise sur la Pologne". "J'ai toujours défendu l'Europe dans cette campagne tout en disant que je voulais une autre Europe, une Europe qui protège".

Visée, la Pologne exerce son droit de réponse.

Le groupe américain d'électroménager a annoncé en janvier son intention de cesser la production de sèche-linge dans son usine d'Amiens au 1 juin 2018, pour la délocaliser en Pologne.

S'il reconnaît que des sanctions ne sont pas possibles sur un éventuel dumping social, le candidat réclame des poursuites inédites de l'Union via l'article 7 du traité de l'UE. "Je mets ma responsabilité sur la table sur ce sujet", assure-t-il. Et d'ajouter: "Je veux que sur le non-respect des droits et des valeurs de l'Union européenne, des sanctions soient prises ".

Le porte-parole du gouvernement polonais Rafal Bochenek dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'agence nationale PAP, a déclaré qu'il ne souhaitait pas que la Pologne soit "ainsi utilisée dans la campagne électorale en France".

"Le fait que des sociétés décident de transférer leurs filiales des bords de la Seine en Pologne prouve que la Pologne est un État qui crée des conditions favorables aux entrepreneurs", a ajouté le porte-parole polonais.

Quant à Konrad Szymański, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, il a jugé au micro de la radio publique que lorsqu'un pays perd la bataille des investissements étrangers, il devrait s'abstenir de tenir des propos conflictuels.

Cette question s'est retrouvée sur le devant de la scène à l'occasion de visites parallèles à Amiens, le 26 avril, d'Emmanuel Macron et de sa rivale d'extrême droit, Marine Le Pen.

"Jusqu'à présent Emmanuel Macron flétrissait Marine Le Pen comme la méchante qui met en doute le sens de l'intégration européenne", a-t-il poursuivi.

Recommande: