Le ton se durcit — Macron-Le Pen

28 Avril, 2017, 08:59 | Auteur: Lynn Cook

Evidemment des manifestations anti-Le Pen, on en a vu et on en verra, ou bien pour Emmanuel Macron, c'est le risque de recevoir des oeufs, d'être poussé, bousculé, un peu comme Lionel Jospin en 2002 face aux salariés de Lu, à Evry, où il avait été mis dans les cordes.

Ce chassé-croisé surprise a fait monter d'un cran l'intensité de la campagne.

Parce qu'il reste encore 10 jours aux électeurs pour faire leur choix avant le second tour de l'élection présidentielle du 7 mai. Il est rare que la dirigeante du FN se rende devant des usines en grève, même s'il existe quelques précédents.

Puis, le candidat d'En marche! s'est également rendu sur le site où il a répondu pendant plus de quarante minutes aux questions des salariés. L'occasion de faire un coup en jouant du contraste.

"Je suis là au côté de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants" d'Amiens, a-t-elle déclaré, se prêtant au jeu des selfies avec des salariés. Qui peut croire qu'on peut retenir les usines en France en fermant nos frontières, en nationalisant au fil de l'eau ou en le décidant purement et simplement par décret?

Dix-sept élus, dont Marine et Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot, Florian Philippot, et plus d'une quarantaine d'assistants sont visés, et le préjudice s'élèverait désormais à 4.978.122 euros pour la période du 1er avril 2012 au 1er avril 2017, contre 1,9 million lors d'une évaluation de 2015.

A droite, François Baroin s'est dit "absolument convaincu" de pouvoir remporter les législatives et d'imposer une cohabitation à M. Macron si celui-ci accède à l'Elysée.

Visiblement remonté par cet épisode, Emmanuel Macron a enfoncé le clou à Arras, alors qu'il donnait un meeting devant 3000 personnes.

"Madame Le Pen est donc venue à Amiens parce que j'y venais. Bienvenue à elle. Mais Mme Le Pen n'a pas compris comment fonctionnait le pays et nous n'avons définitivement pas la même ambition, ni le même projet", a-t-il déclaré. Vers la fin de son discours, Emmanuel Macron s'est emporté, hurlant sous les applaudissements de ses partisans, avec un mantra répété à l'intention des électeurs tentés par le vote FN: "Pas ça" (voir la vidéo en tête d'article).

"Mon adversaire a une vision désincarnée de la France, il est le candidat de l'oligarchie", a affirmé mardi soir Marine Le Pen à la télévision, estimant que "c'est la France qu'il faut choisir dans cette élection présidentielle, face à sa dilution dans une mondialisation sauvage". "Le Front national se nourrit de la fracture démocratique, il a les pires pratiques de l'ancien régime", a-t-il commencé. "Le premier point, c'est de se battre pour un repreneur", a-t-il argumenté avant d'engager un dialogue, parfois encore houleux, avec les salariés.

Ensuite, à l'écart de la presse, il a engagé un dialogue, parfois encore houleux, avec les salariés. "Il n'y aura aucune homologation de PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) pas à la hauteur. Ce n'est ni le gouvernement, ni l'État qui vont remplacer le dialogue social", leur a-t-il notamment assuré.

Les journalistes locaux ont noté la popularité du Front national parmi les salariés.

Recommande: