Macron en campagne dans des fiefs de Marine Le Pen

27 Avril, 2017, 01:00 | Auteur: Sandy Vega

Quant à l'éventuel report des voix des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (qui n'a toujours pas donné ses consignes) au second tour, Marine Le Pen a multiplié les appels du pied.

"Ce n'est pas rien que l'extrême droite soit au deuxième tour d'une élection présidentielle", a-t-il insisté. Elle se rendra jeudi à un grand meeting à Nice (sud-est), un des bastions de la droite, où l'ancien Premier ministre François Fillon l'avait devancée au premier tour.

"Je suis la candidate du peuple", a affirmé mardi soir Marine Le Pen à la télévision, estimant que "c'est la France qu'il faut choisir dans cette élection présidentielle, face à sa dilution dans une mondialisation sauvage".

"Choisir la France, c'est l'option qui protège (.), c'est retrouver notre indépendance (.), c'est choisir la démocratie (.), c'est remettre la France au coeur de toute politique (.), c'est la seule politique internationale qui fait place aux États et qui peut renforcer la paix (.), c'est aspirer à un mode de vie et à des valeurs, porter fièrement une identité nationale", etc, a énuméré David Rachline dans une anaphore.

Pour conquérir les électeurs déçus par les résultats du premier tour, la candidate de l'extrême droite s'est très vite replongée dans la campagne: mardi matin, elle a visité l'immense marché agroalimentaire de Rungis, en banlieue parisienne, après un déplacement la veille dans le nord du pays.

François Hollande a averti mardi que "rien n'est fait" dans la bataille pour le second tour de l'élection présidentielle, pendant que Marine Le Pen accentuait les œillades aux électeurs de François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat d'En Marche! est ensuite revenu sur sa sortie du soir du premier tour à La Rotonde.

Ce compromis masque des divergences entre un Laurent Wauquiez qui exclut de participer à une coalition autour d'Emmanuel Macron et un Bruno Le Maire qui n'aurait "aucune hésitation" à intégrer le gouvernement si le leader d'En Marche! se retrouvait sans majorité claire à l'Assemblée. Emmanuel Macron semble lui trop discret.

"Quand on est de gauche, on ne biaise pas, on est immédiatement dans le combat contre le Front national", a affirmé le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis. Il a assuré mardi n'avoir "aucun regret", ajoutant qu'il n'obéirait pas au "diktat d'une bien-pensance triste qui (lui) dirait où aller".

Une certitude: il n'aura pas celui du mouvement antimariage gay, La manif pour tous, proche du candidat de droite battu François Fillon, qui a appelé officiellement appelé mardi à ne pas voter pour lui.

"Je suis tiraillée" entre l'abstention et le vote de "barrage" au FN, explique de son côté Vanessa Harounyan, enseignante à Marseille, la deuxième ville de France, où Mélenchon est arrivé en tête. "Quand j'ai appris qu'Emmanuel Macron venait ici et qu'il n'entendait pas rencontrer les salariés, qu'il n'entendait pas venir sur ce piquet de grève, mais qu'il allait à l'abri dans je ne sais quelle salle de la chambre de commerce pour rencontre 2-3 personnes triées sur le volet, j'ai trouvé que c'était une preuve tellement de mépris à l'égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool que j'ai décidé de sortir de mon comité stratégique et de venir vous voir", a dit Marine Le Pen. Un hommage national a été rendu au capitaine de 37 ans devenu la 239e victime de la vague d'attentats islamistes commis en France depuis janvier 2015.

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