Venezuela: Trois personnes ont été tuées lors de manifestations

21 Avril, 2017, 20:03 | Auteur: Lynn Cook

L'opposition, majoritaire au parlement depuis fin 2015, a engagé un bras de fer avec le chef de l'État dont elle demande le départ, dans un pays étranglé par une crise économique.

"Un homme a été tué par balle dans la nuit de jeudi à vendredi à Caracas, lors des manifestations contre le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro, a annoncé le maire du quartier de Sucre où le drame a eu lieu".

L'opposition vénézuélienne a une nouvelle fois appelé ses partisans à se rassembler, jeudi, pour maintenir la pression sur le gouvernement de Nicolas Maduro afin qu'il organise des élections législatives, au lendemain de la mort de trois manifestants.

Un adolescent de 17 ans ainsi qu'une jeune femme de 23 ans ont été tués à Caracas et San Cristobal, ville frontalière avec la Colombie, Les victimes auraient été mortellement touchées par des tirs d'inconnus cagoulés qui circulaient à moto, selon les autorités locales.

"Cette politique du deux poids - deux mesures menée par ces gouvernements pour valider la violence vandale de l'opposition est vulgaire".

Un des principaux responsables du pouvoir du président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé mercredi qu'un militaire, membre de la Garde nationale, avait été tué par des manifestants.

"Ils viennent d'assassiner un garde national à San Antonio de los Altos, les "pacifiques", a déclaré à la télévision M. Cabello.

Le parquet a confirmé à l'AFP la mort d'un militaire.

Pendant la journée, dans un climat extrêmement tendu, les accès de la capitale ont été bloqués par un important déploiement policier et militaire, qui repoussait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov. Nous sommes fatigués, nous voulons des élections pour que Maduro s'en aille du pouvoir, car il a détruit le pays.

Washington a rejeté ces accusations "infondées et déraisonnables" par la voix de son représentant intérimaire à l'Organisation des États américains (OEA), Kevin Sullivan.

L'opposition a défini 26 points de départ de la manifestation, qui tentera de parvenir jusqu'aux bureaux du Défenseur du peuple, situés dans le centre de Caracas et considérés comme un bastion chaviste. Inquiets, 11 pays latino-américains ont demandé lundi à Caracas de "garantir" le droit de protester pacifiquement, un appel qualifié par le gouvernement vénézuélien d'"ingérence grossière".

Le président du Parlement Julio Borges a appelé les forces armées à être "loyales" à la Constitution en laissant les opposants défiler pacifiquement. Il a pourtant assuré mercredi souhaiter des élections "bientôt" pour "gagner définitivement" la bataille.

Mercredi, il a annoncé l'arrestation de 30 personnes accusées de vouloir provoquer de la violence lors des manifestations, ajoutant être, grâce à son plan de défense, "en train de démanteler le coup d'État terroriste".

"Le monde et le Venezuela sont profondément préoccupés par les récentes bombes lancées par les Etats-Unis sur la Syrie et l'Afghanistan", a rétorqué sur Twitter la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères Delcy Rodriguez.

Cette vague d'actions de protestation a commencé le 1er avril après la décision de la Cour suprême, considérée comme proche de Maduro, de s'arroger les prérogatives du Parlement.

Maduro, pour sa part, a activé depuis mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire, pour "déjouer le coup d'Etat" fomenté selon lui par les Etats-Unis.

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