Turquie: l'opposition va demander l'annulation du référendum

19 Avril, 2017, 01:39 | Auteur: Aubrey Nash

Le président turc Recep Tayyip Erdogan faisait face lundi à une contestation croissante de l'opposition, au lendemain d'un référendum constitutionnel sur l'extension de ses pouvoirs qui doit faire l'objet d'un rapport d'observateurs internationaux.

La demande sera déposée en début d'après-midi mardi, a précisé dans un communiqué le CHP (social-démocrate), tandis qu'un cadre du parti devait rencontrer le président du YSK deux heures plus tôt.

Dénonçant de nombreuses irrégularités, le Parti républicain du peuple (CHP, laïque), principale formation de l'opposition, a demandé lundi l'invalidation du scrutin.

"Le référendum s'est déroulé sur un terrain inégal et les deux camps en campagne n'ont pas bénéficié des mêmes opportunités", a déclaré Cezar Florin Preda, chef de la délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, qui a observé le déroulement du référendum. "Est-ce suffisant? Je ne crois pas", avait déclaré M. Erdogan le 7 avril.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, a confirmé le rapport des observateurs européens.

En cause, la décision du Haut-Conseil électoral (YSK) de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. Toutefois, brandissant le résultat des urnes et réfutant les critiques des observateurs qui ne jugent pas le référendum de dimanche conforme aux normes, le président turc promet de devenir un partenaire coriace pour l'Occident, et notamment pour l'Union européenne.

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La campagne a été marquée par un discours très virulent de M. Erdogan à l'encontre des opposants au texte, sans cesse assimilés à des "terroristes", mais aussi contre l'Europe, dont il a dénoncé les "pratiques nazies" après la décision de certains pays d'interdire des meetings en sa faveur sur leur sol.

Dans la soirée, le Conseil national de sécurité turc a approuvé la prolongation de l'état d'urgence, pour la troisième fois depuis son entrée en vigueur après le putsch avorté de juillet. Il a déposé un recours contre la décision de dernière minute de la Commission électorale de comptabiliser des bulletins qui n'avaient pas été tamponnés par des scrutateurs, initiative selon lui contraire à la loi.

M. Erdogan a en outre répété lundi qu'il promulguerait le rétablissement de la peine de mort si le Parlement votait en ce sens, se disant prêt à convoquer une autre consultation populaire sur la question.

"Ils nous font attendre à la porte de l'Union européenne depuis 54 ans, n'est-ce pas?"

De hauts responsables autrichiens, y compris le chancelier Christian Kern ont réagi au résultat du référendum organisé dimanche en Turquie, appelant à la fin des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE. Il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

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