Les barrages reprennent en attendant un accord avec le gouvernement — Guyane

19 Avril, 2017, 00:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Un camion quitte le port de Cayenne pour livrer des marchandises arrivées par containers le 15 avril 2017 en Guyane

La Guyane était paralysée depuis plus de trois semaines par un mouvement social qui porte des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre le rattrapage de la Guyane par rapport à l'Hexagone.

La Guyane s'apprête à vivre mardi une nouvelle journée de paralysie après la décision du collectif "Pou la Gwiyann dékolé" de refermer les barrages routiers pour obtenir du gouvernement la validation d'un protocole d'accord, malgré l'exaspération d'une partie de la population. "Les barrages seront fermés dès ce soir 22 heures", a déclaré Valérie Vanoukia, représentante des très petites entreprises de Guyane, à l'issue d'une assemblée générale, invitant la population à se remobiliser. Le blocage devrait durer tant que le gouvernement n'aura pas signé le protocole d'accord.

Les barrages se sont refermés, ce lundi soir, en Guyane.

Ce nouveau projet de protocole d'accord de sept pages, baptisé Projet d'Accord de Guyane, Pou la Gwiyann dékolé, "acte" le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros soumis par le gouvernement et propose de rouvrir le dialogue sur les 2 milliards d'euros supplémentaires que réclamaient jusqu'à présent les manifestants."Sur les 2 milliards, nous pouvons discuter", "ce ne sont qu'une pompe d'amorçage", a ajouté Valérie Vanoukia. "Mais on n'est pas dupes".

La justice s'est emparée du dossier, en décidant de procéder à des contrôles de police sur les barrages, dans le cadre d'une enquête pour "entrave à la circulation", après des plaintes déposés par des particuliers.

La décision d'ouvrir les barrages fait suite à plusieurs jours de divisions dans la population, mais aussi au sein du collectif, sur l'opportunité de poursuivre le blocage qui paralyse la Guyane depuis un mois et pénalise l'activité économique. "On sait qu'on a un moyen de pression", explique-t-il.

A la veille de l'élection présidentielle, le gouvernement a refusé de s'engager davantage sur "des mesures et des aides financières d'un montant irréaliste".

"Quel que soit le gouvernement qui sera là, ce qu'on demande, il va être obligé de nous le donner", a précisé le porte-parole du collectif, Mikael Mancée.

"Depuis un appel à la "grève générale illimitée" le 25 mars, qui bloque notamment le port de Cayenne où transitent 90 à 95% des importations et exportations" de la Guyane, le territoire souffre d'une pénurie dans les commerces, notamment de produits frais, et de difficultés d'approvisionnement de médicaments et de matériel médical. Le site d'information Guyaweb a annoncé que 300 ressortissants russes à Kourou, censés travailler sur la préparation du tir de Soyouz initialement prévu début avril mais réduits de fait au "chômage technique", ont quitté la Guyane au cours du week-end pascal.

Mais les conséquences de la grève sont plus larges: services administratifs fermés, liaisons aériennes aléatoires, absence de courrier, campagne électorale perturbée.

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