Référendum en Turquie: le oui en tête selon des résultats partiels

17 Avril, 2017, 00:33 | Auteur: Lynn Cook
  • Recep Tayyip Erdogan en meeting pour le référendum. Rize le 3 avril 2017

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, semblait dimanche en passe d'obtenir un considérable renforcement de ses pouvoirs à l'issue d'un référendum où le "oui" s'est imposé face au "non" de quelque 1,25 million de voix, selon l'information donnée tard dans la soirée par l'autorité électorale.

Après dépouillement des bulletins de vote dans 99% des urnes, vers 20h45, le oui était en tête avec 51,34%, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu citant des chiffres de la commission électorale.

Le "non" était très légèrement devant à Istanbul alors que le "oui" menait d'une courte tête dans la capitale Ankara.

"Le pays a pris une décision historique", s'est félicité le chef de l'Etat devant sa résidence d'Istanbul, en insistant sur le rôle "décisif" du vote des Turcs de l'étranger.

Les Turcs ont voté dimanche sur une révision constitutionnelle visant à remplacer le système parlementaire par un système présidentiel, une mesure qui bouleverserait le système de gouvernance de la Turquie, membre important de l'Otan et partenaire de l'Union européenne. Agé de 63 ans, il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

Peu avant l'intervention de M. Erdogan, le Premier ministre Binali Yildirim avait lui aussi revendiqué la victoire du "oui" dans une allocution au siège du parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, à Ankara. Le président turc a eu droit à un bain de foule à la sortie du bureau de vote.

Le parti prokurde HDP a ainsi dû faire campagne avec ses deux coprésidents et nombre de ses élus en prison, accusés de liens avec l'organisation séparatiste Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Mais ses détracteurs dénoncent un texte écrit sur mesure pour satisfaire les ambitions de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch avorté de juillet.

La Turquie est par ailleurs sous état d'urgence depuis le putsch manqué.

Ankara a accepté de réduire le flot de migrants partant de son pays en direction de l'UE, au terme d'un accord conclu en mars 2016, mais Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il pourrait revenir sur cet accord à l'issue du référendum. Quelque 47.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

Quelque 380.000 policiers ont ainsi été déployés pour assurer le bon déroulement du scrutin, selon Anadolu, et les opérations de vote se sont déroulées sans incident majeur.

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