Le oui en tête selon des résultats partiels — Référendum en Turquie

17 Avril, 2017, 00:34 | Auteur: Jonathan Ford

Après dépouillement de 90% des bulletins de vote, le oui était en tête avec 52,7% des voix, selon les résultats partiels publiés par Anadolu.

Les bureaux du vote, où quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à dire oui ou non à cette révision constitutionnelle, ont fermé à 17 h 00 (14 h 00 GMT) et le dépouillement des bulletins de vote a aussitôt commencé. La réforme, présentée sous la forme de 18 amendements à la Constitution, prévoit notamment la suppression du poste de Premier ministre, la possibilité pour le président de dissoudre le Parlement et de prendre certains décrets. Le CHP et le HDP ont vivement dénoncé une mesure annoncée à la dernière minute par le Haut-Conseil électoral turc (YSK), celle de considérer comme valides les bulletins ne comportant pas le tampon officiel du bureau de vote dans lequel ils ont été glissés dans l'urne.

Neuf mois après un putsch manqué contre M. Erdogan, les Turcs sont appelés à voter dimanche pour ou contre une révision constitutionnelle. Agé de 63 ans, il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2 003 et 2014, avant d'être élu président.

Les observateurs estiment que l'issue du référendum sera grandement déterminée par l'électorat nationaliste, qui s'oppose à toute concession envers les Kurdes et redoute un adoucissement de la position de M. Erdogan sur cette question après le scrutin.

"Aujourd'hui, c'est le destin de la Turquie qui est soumis au vote".

Plus tard, ce dimanche soir, le vice-président de principal parti d'opposition laïque en Turquie, le CHP (Parti républicain du peuple), Erdal Aksunger, a annoncé que son parti allait demander un nouveau décompte de jusqu'à 60% des bulletins du référendum.

Au cours d'un rassemblement samedi, M. Kiliçdaroglu avait comparé le système voulu par M. Erdogan à " un bus sans freins dont on ne connaît pas la destination ". Ils ne rendront bien entendu des comptes qu'au chef de l'Etat.

C'est donc une transformation radicale du système politique turc qui serait mise en place si le " oui " l'emporte, explique notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette: à compter de 2019 les élections législatives et présidentielles se tiendraient simultanément tous les cinq ans.

"Je suis contre ce gouvernement, car je connais sa vision du monde".

Selon le président Erdogan, cette réforme est nécessaire pour doter la Turquie d'un exécutif fort et stable, pour lui permettre de faire face à d'importants défis économiques et sécuritaires.

Mais ses détracteurs dénoncent un texte écrit sur mesure pour satisfaire les ambitions du président, accusé de dérive autoritaire, notamment depuis le putsch avorté de juillet.

L'opposition et les ONG ont déploré une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du oui dans les rues et les médias.

D'après des sources au sein de la Présidence turque, le chef de l'Etat a appelé les leaders des partis politiques qui ont fait campagne en faveur du OUI concernant le référendum constitutionnel organisé ce dimanche 16 avril en Turquie. Quelque 47 000 personnes ont été arrêtées et plus de 100 000 limogées ou suspendues.

Quelque 380 000 policiers ont ainsi été déployés pour assurer le bon déroulement du scrutin, selon Anadolu.

Les opérations de vote se sont déroulées sans incident majeur.

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