L'attaque chimique présumée est "une fabrication à 100%" — Bachar el-Assad

15 Avril, 2017, 15:41 | Auteur: Lynn Cook
  • L'attaque chimique en Syrie est

Dans la foulée des accusations du secrétaire à la Défense James Mattis et du secrétaire d'Etat Rex Tillerson, Mark Toner a réaffirmé qu'il y avait "peu de doute sur le fait que les dernières attaques et l'attaque aux armes chimiques (dans la province) d'Idlib ont été (menées) par le gouvernement syrien, par le régime syrien". Assad a affirmé que son armée n'était pas responsable de l'attaque présumée qui a provoqué, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) la mort de 87 civils dans cette ville rebelle du nord-ouest syrien le 4 avril.

Le président syrien Bachar Al Assad a mis en cause les pays occidentaux pour avoir monté l'attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, à l'origine de fortes tensions entre Washington et Moscou dont les relations sont "au plus bas".

"Notre impression est que l'Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu'il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte" à l'attaque américaine du 7 avril contre une base aérienne dans le centre du pays, a ajouté M. Assad.

Rare signe de détente lors de ces discussions, "le président Poutine a confirmé être prêt à rétablir" l'accord de prévention des incidents aériens en vigueur en Syrie jusqu'à la frappe américaine contre une base aérienne du régime de Damas, a ainsi indiqué M. Lavrov.

Et M. Trump a jugé "possible" que la Russie, principal allié de Damas, ait été au courant de cette attaque.

"Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n'a pas été affectée par cette frappe", a rétorqué Bachar el-Assad.

"La Russie (.) est ouverte au dialogue avec les Etats-Unis dans tous les domaines et pas seulement au dialogue mais à des actions communes en vue d'arriver à des résultats dans tous les domaines où cela répond aux intérêts de nos deux pays", a-t-il poursuivi.

Le regain de tension entre Américains et Russes a été palpable durant la première visite du secrétaire d'Etat Rex Tillerson à Moscou où il a rencontré mercredi le président Vladimir Poutine après le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Quelques heures avant de recevoir le responsable américain, Vladimir Poutine avait déclaré que les relations entre Moscou et Washington étaient désormais à un niveau pire qu'à l'époque de la présidence de Barack Obama. Le dictateur, selon qui "les seules informations dont dispose le monde jusqu'à présent sont celles publiées par la branche d'Al-Qaïda", Fateh al-Cham, qui contrôle la ville de Khan Cheikhoun avec les rebelles, a également indiqué vouloir une enquête internationale, à condition qu'elle soit "impartiale " pour "être sûr qu'elle ne sera pas utilisée à des fins politiques ".

Dans le même temps, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont présenté au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l'attaque chimique. Mais M. Lavrov a rappelé les précédents chaos provoqués, selon lui, par les chutes des "dictateurs" irakien Saddam Hussein ou libyen Mouammar Kadhafi. Moscou intervient militairement en soutien à Damas depuis septembre 2015 et les Etats-Unis pilotent depuis septembre 2014 une coalition internationale luttant contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Recommande: