Forte poussée de Mélenchon, juste derrière Fillon — Présidentielle

15 Avril, 2017, 14:20 | Auteur: Sue Barrett
  • Emmanuel Macron attaque François Fillon et le surnomme

A onze jours du premier tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat sort de son silence.

Si les " affaires " de François Fillon et la dislocation au sein du Parti socialiste profitent à Jean-Luc Mélenchon, il faut toutefois rester prudent. Sans appeler clairement à voter Emmanuel Macron, le chef de l'Etat multiplie cette semaine les confidences qui vont dans ce sens.

François Hollande estime que l'émergence d'Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle n'est que le fruit d'un "concours de circonstances".

Tout juste, dit-il dans les colonnes du Point faire "confiance à l'intelligence des Français qui veulent qu'une action nouvelle se construise à partir de ce que j'ai fait", une définition qui va comme un gant au leader d'En Marche! même s'il considère que son ascension est d'abord le fruit d'un "concours de circonstances".

"Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l'on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte". Un mot d'ordre qu'un de ses proches analyse ainsi: "Il peut exister chez les Français la tentation d'abattre le ou les favoris du scrutin".

Avec 24% d'intentions de vote chacun, le candidat d'En Marche!

"Que M. Bachar al-Assad soit un criminel, tout le monde le sait, la discussion ne porte pas sur ce point", mais "sur comment arrêter la guerre et rendre la parole au peuple syrien dans des conditions démocratiques et de paix qui fassent qu'eux-mêmes puissent s'en débarrasser", a-t-il dit, réaffirmant son opposition aux interventions militaires occidentales.

Avec 8,5% (-1) d'intentions de vote, le socialiste Benoît Hamon semble faire les frais de l?ascension de Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat de la France insoumise capte ainsi de nouveaux électeurs que sont principalement l'électorat de gauche, mais aussi et surtout les abstentionnistes.

Pour lui, une victoire de Marine Le Pen, improbable en mai, est en revanche possible en 2022 "si on continue à mettre en oeuvre des politiques libérales".

D'ailleurs, s'il avait épargné Emmanuel Macron lors des débats télés, il n'hésite plus à l'attaquer: "Les gens l'identifient: c'est un centriste, un libéral". Pour couper court aux questions sur l'éventuelle impréparation de l'équipe La France insoumise au pouvoir, Manuel Bompard a également annoncé que serait présentée " dans les prochains jours ce que sera la première année de la révolution citoyenne, avec un calendrier et une méthode ". "Rien, le néant absolu!", dénonce le candidat du PS. "Mélenchon ne rime plus avec ronchon, c'est devenu une figure plus sereine, moins agressive, et (qui) agit intelligemment sur sa personne, son programme, sa mise en scène, notamment à travers l'utilisation des réseaux sociaux", a-t-il indiqué. "Et moi, je ne souhaite pas une telle issue", martèle-t-il.

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