Les armes ont été remises à des intermédiaires en France — Désarmement d'ETA

14 Avril, 2017, 11:41 | Auteur: Aubrey Nash

ETA, qui avait annoncé son "désarmement total" hier, a fait remettre aux autorités françaises une liste de caches d'armes, un geste salué par Paris mais insuffisant pour l'Espagne, qui appelle l'organisation séparatiste basque à s'auto-dissoudre.

Le ministre français de l'Intérieur Matthias Fekl y a vu "un grand pas" et "un jour incontestablement important", en rendant par ailleurs hommage aux victimes d'ETA.

À Madrid, la tonalité est toute autre.

Dans un communiqué commun, les chefs des gouvernements autonomes du Pays Basque espagnol (Euskadi) et de la Navarre, ainsi que le président de la Communauté d'Agglomération Pays Basque français, un élu de centre-droit, Jean-René Etchegaray (UDI), présent à la conférence de presse, ont soutenu la démarche de la Commission internationale de vérification. Les autorités espagnoles ont cependant prévenu le mouvement clandestin vendredi qu'il n'avait "rien à attendre du gouvernement" de Madrid, "aucun avantage, aucun bénéfice politique" de son désarmement unilatéral, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Iñigo Méndez de Vigo. En marge de l'opération de "désarmement" elle-même, un "grand rassemblement populaire" était organisé hier à Bayonne (13h00 GMT) sur le thème "Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix", auquel sont attendus plusieurs milliers de participants.

"Les services de police se sont rendus sur les sites indiqués où ont été découverts, dans des bidons et sacs, des dizaines d'armes de poing et d'épaule, des milliers de munitions, plusieurs centaines de kilogrammes d'explosifs et produits entrant dans la composition d'explosifs, plusieurs centaines de détonateurs et retardateurs", indiquent les services du procureur.

Le parquet antiterroriste, qui a ouvert le 4 avril une enquête préliminaire, a confié les investigations à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

"Selon Bernard Cazeneuve, " près de 3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels nécessaires à la fabrication d'engins explosifs ont été trouvées " dans ces caches". Ensuite, la justice devra vérifier si parmi les armes saisies certaines ont pu servir à commettre des assassinats.

Comme annoncé, l'ETA a transmis aux autorités françaises la liste de ses dernières caches d'armes.

L'organisation séparatiste basque espagnole ETA a confirmé son désarmement samedi, après quarante années de violences ayant coûté la vie à plus de 800 personnes, dans une lettre publiée jeudi soir peu avant minuit par la BBC.

Car, historiquement pour ETA, la France et plus particulièrement le Sud-Ouest ont été une véritable "base arrière". Selon eux, l'organisation serait également "à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres". Selon lui, ETA a mis en scène un "show" pour redorer une "image désastreuse" alors qu'"elle se sait vaincue".

L'organisation tente ainsi de tourner la page 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre, qui ont fait 829 morts.

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