Syrie : des missiles américains lancés contre une base aérienne

13 Avril, 2017, 00:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Les États-Unis ont frappé une base aérienne en Syrie

Cette nuit, vers 00h40 GMT (2h40 en France), la base aérienne de l'armée syrienne d'al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs, a été frappée par 59 missiles Tomahawk tirés par les navires américains USS Porter et USS Ross, qui se trouvaient en Méditerranée orientale. "Cette " agression flagrante " a fait " six morts, des blessés et d'importants dégâts matériels", a indiqué ce vendredi l'armée syrienne, sans préciser si les victimes étaient des militaires ou des civils.

Le camp de son ancien rival Donald Trump semble l'avoir entendue, alors que des négociations menées jeudi soir entre membres du Conseil de sécurité de l'ONU s'étaient révélées infructueuses en vue d'une résolution de condamnation de l'attaque chimique présumée qui a tué au moins 86 personnes dont de nombreux enfants mardi à Khan Cheikhoun dans le nord-ouest de la Syrie.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui documente le conflit à partir de sources sur le terrain, a annoncé que les frappes américaines avaient tué quatre soldats syriens dont un général.

Cette attaque est une réponse à l'usage attribué à l'armée syrienne des armes chimiques le 4 avril dernier dans la région de Khan Chikhoun ayant causé la mort et la blessure de plusieurs centaines de Syriens.

La Russie, quant à elle, va demander la tenue d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'Onu après l'attaque américaine en Syrie, a annoncé Viktor Ozerov, le chef de la commission de défense de la Chambre haute du Parlement russe, cité par l'agence russe RIA.

La Russie a dénoncé vendredi les frappes américaines contre la Syrie comme une "agression contre un Etat souverain", les alliés de Washington applaudissant cette première opération militaire américaine contre le régime de Damas. Les images de victimes agonisantes ont choqué le monde.

Les Etats-Unis ont averti qu'ils étaient prêts à lancer de nouvelles frappes contre le régime syrien au lendemain du bombardement d'une base de l'armée syrienne qui a déclenché la colère de Damas et de ses alliés russe et iranien.

Les frappes américaines "visaient des positions militaires en Syrie et à Homs en particulier" afin de "servir les intérêts du terrorisme en Syrie et les intérêts d'Israël à long terme", a ajouté Barazi.

"Il est incontestable que la Syrie a utilisé des armes chimiques interdites, a violé ses obligations en vertu de la convention sur les armes chimiques et ignoré les appels du Conseil de sécurité de l'Onu", a-t-il souligné depuis sa résidence de Floride, ne tenant pas compte des démentis du gouvernement de Bachar Al-Assad, qui a nié ces allégations, et la Russie, qui a dit croire que l'arsenal chimique appartenait à des rebelles.

Son homologue britannique Matthew Rycroft a jugé que ces frappes constituaient une "mise en demeure" pour Bachar al Assad, qu'il a qualifié de "criminel de guerre". L'opposition syrienne s'est félicitée de la frappe américaine et a appelé à la poursuite des bombardements jusqu'à "neutraliser" le régime, a déclaré à l'AFP un porte-parole.

Faisant allusion au président syrien, Donald Trump dira: " des années de tentatives pour changer le comportement d'Assad ont échoué et ont échoué lamentablement.

Les forces du régime cherchent à reprendre les derniers bastions des rebelles, notamment dans la province d'Idleb (nord-ouest), et des groupes jihadistes.

La décision de M. Trump a été bien accueillie par les autres pays impliqués dans la crise syrienne, comme la Turquie et les Etats européens. - Le président français François Hollande a estimé que la "réponse" des États-Unis devait "maintenant être poursuivie au niveau international, dans le cadre des Nations Unies si c'est possible".

A l'été 2013, le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama, avait renoncé à frapper le régime syrien après une attaque aux armes chimiques près de Damas qui avait fait plus de 1.400 morts.

"On ne veut pas une seule frappe pour qu'après les crimes se poursuivent", a affirmé à l'AFP Abou Chahid, 30 ans.

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