Huit caches d'armes inspectées par la police — Désarmement de l'ETA

12 Avril, 2017, 03:45 | Auteur: Sandy Vega

Des policiers et des équipes de déminage recherchent les armes de l'ETA, le 8 avril à Saint-Pee-sur-Nivelle.

A Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), l'avocat Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), a indiqué que "les huit caches d'armes d'ETA contenaient 120 armes à feu, trois tonnes d'explosifs et plusieurs milliers de munitions", selon la chaîne française d'information BFMTV.

Après s'être rendues sur place, les autorités ont retrouvé 'près de 3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels nécessaires à la fabrication d'engins explosifs', a annoncé le Premier ministre français Bernard Cazeneuve qui s'est 'félicité de cette opération, menée dans le calme et sans violence'. "C'est là une étape décisive vers la fin du terrorisme indépendantiste basque", estime celui qui "veut exprimer une pensée pour les 829 victimes de l'ETA, et pour les milliers de personnes blessées par ses actions terroristes".

La tonalité était tout autre du côté du gouvernement espagnol, qui a appelé ETA à "annoncer sa dissolution définitive, demander pardon à ses victimes et disparaître, au lieu de monter des opérations médiatiques pour dissimuler sa défaite".

Dès vendredi, Madrid avait adressé une fin de non-recevoir à l'ETA: "Elle ne tirera aucun avantage, aucun bénéfice politique" de son désarmement unilatéral.

JCDecaux va en justice après la perte du marché — Vélib
Une mise en cause que réfute Smoove, qui assure s'être engagée à privilégier le personnel en place pour les recrutements à venir. Cette PME familiale créée en 2008 a déjà remporté des marchés dans 26 villes en France et à l'étranger.


La police doit s'assurer que ces caches correspondent à ce qu'ils savent de l'arsenal d'ETA. Ensuite, la justice devra vérifier si parmi les armes saisies certaines ont pu servir à commettre des assassinats.

Selon des sources proches du "désarmement", cela devrait consister en une remise à la justice française d'informations sur la géolocalisation des caches d'armes. L'organisation séparatiste classée comme "organisation terroriste" par l'Union européenne (UE) avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la BBC, son "désarmement total" pour le samedi 8 avril.

D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'ETA est "à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres". Un point de vue partagé par Jean Chalvidant, un expert du conflit basque. Selon lui, ETA a mis en scène un "show" pour redorer une "image désastreuse" alors qu'"elle se sait vaincue".

Depuis la fondation de l'ETA en 1959, les attentats au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre ont fait plus de 800 morts. ETA refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus (environ 360, dont 75 en France et une centaine purgeant des peines de plus de dix ans de prison).

En marge de l'opération de désarmement elle-même, un "grand rassemblement populaire " est organisé samedi à Bayonne à partir de 15 h sur le thème "Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix ".

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