"Un grand pas", selon le ministre français de l'Intérieur — Désarmement de l'ETA

11 Avril, 2017, 01:48 | Auteur: Lynn Cook
  • L'organisation basque ETA annonce son désarmement total

Ces 12 caches d'armes et d'explosifs, qui constitueraient ce qu'il reste de l'arsenal d'ETA, sont situées dans le département des Pyrénées-Atlantiques et non dans les départements du Gers et des Hautes-Pyrénées, contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps, a-t-on précisé de mêmes sources.

Le ministre français de l'Intérieur Matthias Fekl y a vu "un grand pas" et "un jour incontestablement important", en rendant par ailleurs hommage aux victimes d'ETA. " Vue de Madrid, cette remise d'armes ne peut être autre chose qu'une défaite de l'ETA". Un des "artisans de la paix", membres de la société civile et chevilles ouvrières de l'opération de "désarmement", l'avocat Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'Homme, a lui martelé: "Soyons-en certains, il faudra combattre la haine (.) rien de ce qui a été cette histoire ne doit être éludé".

"Sur les sites indiqués, ont été découverts des dizaines d'armes de poing et d'épaule, des milliers de munitions, plusieurs centaines de kilogrammes d'explosifs et produits entrant dans la composition d'explosifs, plusieurs centaines de détonateurs et retardateurs", a détaillé, pour sa part, le parquet de Paris, qui avait ouvert le 4 avril, une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs et infractions sur les armes et sur les explosifs en bande organisée", le tout en lien avec une entreprise terroriste.

À leur arrivée sur l'un des sites, à Etxarri, dans la montagne pyrénéenne, les policiers ont eu la surprise de trouver le député européen EELV José Bové, qui les attendait pour les guider.

Toutefois, de sources proches du dossier, on indiquait que l'opération de "désarmement" pourrait avoir lieu samedi matin autour de Bayonne, au Pays Basque français (sud-ouest). Le porte-parole de la Commission internationale de vérification mise en place pour s'assurer du respect du cessez-le-feu décrété depuis 2011 par l'organisation, le Sri-Lankais Ram Manikkaligam, a annoncé qu'il avait en effet reçu une liste des caches de l'ETA des mains d'un représentant de la société civile basque, Jean-Noël Etcheverry, dit "Txetx ". ETA, qui avait renoncé à la lutte armée en 2011 mais est toujours classée comme "organisation terroriste" par l'Union européenne (UE), avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la BBC, son "désarmement total" pour le samedi 8 avril. Selon lui, ETA a mis en scène un "show" pour redorer une "image désastreuse" alors qu'"elle se sait vaincue".

Depuis la fondation de l'ETA en 1959, les attentats au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre ont fait plus de 800 morts.

Mais elle refusait le désarmement unilatéral et la dissolution exigés par Madrid et Paris, et réclamait une négociation sur ses 360 membres incarcérés en Espagne et en France.

Un "grand rassemblement populaire" est organisé samedi à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) sur le thème "Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix", auquel sont attendus plusieurs milliers de participants.

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