Les USA prêts à frapper de nouveau en Syrie

11 Avril, 2017, 02:45 | Auteur: Lynn Cook
  • Donald Trump à la Maison Blanche le 5 avril 2017Plus

Le président américain Donald Trump a ordonné jeudi le tir de 59 missiles de croisière Tomahawk contre la base aérienne syrienne d'al-Chaayrate (centre), après l'attaque chimique imputée à Damas contre une zone rebelle, qui a tué au moins 86 personnes et choqué la communauté internationale.

Il ne peut pas y avoir de solution politique en Syrie avec Bachar al-Assad au pouvoir, a affirmé dimanche à CNN l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, signalant un possible changement d'approche de l'administration Trump.

Par ailleurs, les militaires américains soupçonnent que le régime syrien a été " aidé " pour mener sa frappe chimique présumée, sans aller jusqu'à accuser nommément la Russie.

A la demande de la Russie qui a fustigé "une agression contre un Etat souverain", le Conseil de sécurité des Nations unies a commencé à se réunir pour débattre de la frappe punitive.

Mardi, soit avant l'annonce d'une nouvelle attaque à l'arme chimique en Syrie, le président Béji Caïd Essebsi avait déclaré que la Tunisie n'était pas opposée à une reprise à leur niveau "normal" des relations diplomatiques avec la Syrie rompues il y a cinq ans.

A l'époque, le magnat de l'immobilier Donald Trump avait exhorté M. Obama à ne pas intervenir en Syrie. "Si les Russes n'annulent pas la visite, et je l'espère, ce sera le signe qu'ils sont désireux de vivre avec cette frappe", note James Jeffrey.

"Nous savons tous qu'Assad n'empoisonnerait pas son propre peuple", a poursuivi ce spécialiste des théories du complot dans une vidéo mise en ligne vendredi, avançant l'idée que "l'Etat profond" (le "deep state", c'est-à-dire un complot de bureaucrates déterminés à saper clandestinement l'action de M. Trump) "veut une guerre avec la Russie".

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L'autre allié de Damas, l'Iran, a accusé les Etats-Unis d'utiliser de "fausses allégations" pour attaquer la Syrie et d'être "aux côtés" des jihadistes comme le groupe Etat islamique (EI). Le président américain s'était publiquement opposé à son prédécesseur Barack Obama en août 2013, lorsque ce dernier envisageait de frapper l'Etat syrien, coupable d'avoir provoqué un carnage au gaz sarin dans une banlieue de Damas.

Si pour les Occidentaux la responsabilité du président syrien dans l'attaque chimique ne fait aucun doute, les experts sont dubitatifs sur les raisons qui l'auraient poussé à commettre un tel impair au moment où tout lui souriait. Un coup de semonce à l'attention de Bachar al-Assad et à ses principaux soutiens russe et iranien.

"J'ai agi pour défendre les intérêts vitaux des Etats-Unis en matière de sécurité nationale et de politique étrangère", a-t-il indiqué dans une lettre adressée samedi aux deux chambres du Congrès. "Ce qui au final, de notre point de vue, conduira à une solution sur le départ de Bachar al-Assad", a-t-il ajouté.

La France a jugé avec l'Allemagne qu'Assad portait l'entière responsabilité de ces frappes en recourant aux armes chimiques et aux crimes de masse. Même si l'enjeu a évidemment quelque chose de dérisoire, au regard du drame syrien, les observateurs ont commencé à s'interroger sur les conséquences que pourrait avoir le revirement américain sur la campagne française.

Le prétexte de l'assaut américain est l'accusation douteuse et sinistre que l'aviation d'Assad avait bombardé une ville détenue par les rebelles avec des armes chimiques mardi. Non, Trump a prévenu Poutine de ses frappes, afin d'empêcher que des soldats russes ne se trouvent touchés par les missiles américains.

Jeudi, Moscou affirme que Washington ne dispose pas d'information "objective", "fiable" et "réaliste". Dans la foulée, Donald Trump appelle toutes les "nations civilisées" à œuvrer pour faire cesser le bain de sang. L'Iran bluffait. Bachar el-Assad est affaibli et il devient un boulet pour le président russe, Vladimir Poutine.

9h32 Le gouvernement britannique "soutient pleinement l'action des États-Unis", qui ont frappé une base aérienne syrienne, a déclaré un porte-parole de Downing Street vendredi.

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