ETA livre à la France ses caches d'armes — Pays basque

10 Avril, 2017, 00:31 | Auteur: Sandy Vega

ETA, qui a renoncé à la lutte armée en 2011, a fourni une liste de huit caches d'armes et d'explosifs, qui constitueraient ce qu'il reste de son arsenal et qui sont situées dans le département des Pyrénées-Atlantiques, frontalier de l'Espagne.

De son côté, le ministre français de l'Intérieur, Matthias Fekl, a salué "un grand pas" et "un jour incontestablement important", tout en rendant hommage aux victimes de l'organisation clandestine.

Les "opérations sécurisées de désarmement se dérouleront en dehors de Bayonne, effectuées de façon à garantir qu'il soit total, vérifiable et vérifié", ont assuré des sources proches des nationalistes basques.

"Sur les sites indiqués, ont été découverts, dans des bidons et sacs, des dizaines d'armes de poing et d'épaule, des milliers de munitions, plusieurs centaines de kilogrammes d'explosifs et produits entrant dans la composition d'explosifs, plusieurs centaines de détonateurs et retardateurs", a énuméré le parquet de Paris dans un communiqué. "Toutes les caches d'armes ne se situent pas au Pays Basque nord", explique Michel Berhocoirigoin, un autre artisan de la paix.

Les forces de l'ordre doivent à présent s'assurer que ces caches correspondent à ce qu'elles savent de l'arsenal du mouvement clandestin. Tout cela se fera bien sûr en collaboration avec la justice espagnole "afin de vérifier si les éléments recueillis peuvent aider à résoudre des affaires toujours en cours", a ajouté Bernard Cazeneuve. Elle a reçu cette liste de la main des "artisans de la paix", a précisé son porte-parole, le Srilankais Ram Manikkalingam, professeur en sciences politiques à l'Université d'Amsterdam (Pays-Bas).

L'organisation séparatiste basque espagnole Euskadi Ta Askatasuna (ETA, " Pays basque et liberté", en basque) ETA, a annoncé qu'elle procédera samedi à son " désarmement total ", après quarante années de violences. Des sources antiterroristes estiment que l'ETA ne compte actuellement plus qu'une "trentaine de membres" dans la clandestinité.

ETA, née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Un "show " pour améliorer une "image désastreuse " Cette opération vise, avant tout, à "ripoliner l'image désastreuse d'une organisation terroriste qui a tué 829 personnes et, par la même, celle du séparatisme basque, jusqu'alors entachée de sang et de barbarie", poursuit le spécialiste, pour qui "ETA se sait vaincue " et ne chercherait, aujourd'hui, plus qu'à "regrouper les 350 prisonniers etarras au Pays basque ".

Mais ETA refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus (337, dont 75 en France et une centaine purgeant des peines de plus de dix ans de prison).

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