Des autopsies confirment l'utilisation d'armes chimiques

10 Avril, 2017, 00:15 | Auteur: Aubrey Nash
  • Un homme est pris en charge par des Casques blancs syriens après avoir respiré du gaz toxique dégagé par une frappe aérienne à Khan Sheikhun dans la province d'Idleb le 4 avril 2017

Donald Trump a menacé de passer à l'action en Syrie au lendemain d'une attaque chimique présumée imputée au régime de Damas, que le président des États-Unis a qualifiée d'"odieuse" et d'"affront à l'humanité".

Au cours d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M. Poutine a jugé "inacceptable" la formulation "d'accusations non fondées contre qui que ce soit avant la mise en oeuvre d'une enquête internationale impartiale et minutieuse", selon le communiqué.

Située dans le sud de la province d'Idleb, Khan Cheikhoun ressemblait à une ville fantôme lorsqu'un correspondant s'y est rendu mercredi.

Pupilles dilatées, convulsions, de la mousse sortant de la bouche, les symptômes observés ne laissent plus de place au doute.

Mais le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a réaffirmé que l'armée de son pays "n'a pas utilisé et n'utilisera jamais" d'armes chimiques contre son peuple, "pas même contre les terroristes", expression du régime pour désigner rebelles et jihadistes.

Dénonçant le projet de résolution des États-Unis et d'autres pays basé sur des informations fallacieuses, la Russie a déposé au Conseil de sécurité de l'Onu son projet de résolution sur l'attaque chimique dans la province syrienne d'Idlib. Celui-ci avait en effet assuré quelques heures plus tôt que "le régime de Bachar el-Assad [était] responsable" du bombardement chimique présumé, après des autopsies réalisées sur des corps acheminés depuis la Syrie jusqu'à Ankara. A l'époque, le magnat de l'immobilier Donald Trump avait exhorté sur Twitter M. Obama à ne pas intervenir en Syrie.

S'exprimant devant les Quinze, la représentante permanente des Etats-Unis à l'Onu, Nikki Haley, a prévenu que les Etats devaient prendre leurs responsabilités quand les Nations unies échouent à agir collectivement.

L'envoyé spécial de l'ONU en Syrie, Jan Egeland, a dit que cette guerre était "l'histoire d'hommes armés soutenus par des hommes de pouvoir qui bloquent, sabotent, et empêchent l'accès d'aide humanitaire pendant que la population civile est attaquée, gazée, et bombardée".

" Mon attitude vis-à-vis de la Syrie et Assad a nettement changé (.) Ce qui s'est passé est inacceptable pour moi", a-t-il déclaré, tout en refusant de dire ce qu'il comptait faire.

La nature des substances chimiques n'a pas été formellement identifiée mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques " comprenant des agents neurotoxiques ".

En août 2013, le régime a été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque contre deux secteurs rebelles en périphérie de Damas qui avait fait plus 1400 morts, selon Washington. "Si ce n'est pas maintenant, alors quand?", a-t-il déclaré. "La Coalition de l'opposition salue la frappe et appelle Washington à neutraliser la capacité du président syrien Bachar Al-Assad à mener des raids", a indiqué Ahmad Ramadan, un porte-parole de l'opposition syrienne.

Même discours du côté du secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson qui a demandé mercredi soir à la Russie, dans un très rare commentaire devant la presse au département d'Etat, de "bien réfléchir" à son soutien au régime syrien. Il estime en effet que personne ne peut réellement connaître "les réelles intentions des Etats-Unis", dans ce qu'il redoute être une approche "politisée" du dossier syrien.

La Russie, alliée indéfectible d'Assad, a opposé pour la septième fois en février son veto à un projet de résolution afin de protéger le régime syrien contre des sanctions de l'Onu.

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