Ce discret camouflet infligé à Hollande — Fessenheim

10 Avril, 2017, 01:00 | Auteur: Aubrey Nash

Aujourd'hui, Ségolène Royal le promet: un décret sera publié par le gouvernement avant la fin du mandat de François Hollande pour contraindre EDF à une fermeture progressive de sa centrale.

Jeudi, le conseil d'administration d'EDF a donné son accord pour qu'une demande d'abrogation d'exploiter la centrale soit transmise à l'État.

En guise de comité d'accueil pour les administrateurs, plusieurs centaines de salariés d'EDF et en particulier du site de Fessenheim (Haut-Rhin), s'étaient rassemblés à la mi-journée devant le siège du groupe à Paris. Tout dépend donc du vote des six administrateurs "indépendants", dont celui de Jean-Bernard Lévy, dont la voix compte double en cas d'égalité.

Le candidat socialiste Benoît Hamon a évoqué vendredi " un drôle d'épisode " au sujet des derniers rebondissements concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, pointant " un vrai problème de gouvernance " au sujet d'EDF.

La ministre de l'Environnement semble satisfaite: un communiqué annonce "le caractère inéluctable et irréversible du processus de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim" qui a été acté ce 6 avril 2016.

En effet, en situation de conflit d'intérêts, les six représentants de l'Etat ne se prononceront pas, puisque le groupe est détenu à 83,10% par des capitaux publics.

François Hollande a fait de la fermeture de la centrale de Fessenheim une promesse de campagne. Répondant à l'appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, FO et CFE-CGC, ils ont affiché leur opposition à cette fermeture préjudiciable selon eux à 2 000 emplois directs et indirects. Quant aux citoyens qui vivent près de la centrale, certains se disent déçus par ce nouveau report: "Chez nous c'est le pas de deux, un pas en avant un pas en arrière, plus personne ne sait sur quel pied danser" regrette Lucien Jenny du Collectif des citoyens vigilants des environs de Fessenheim lorsqu'il compare la France à l'Allemagne où déjà neuf réacteurs ont été fermés depuis la décision prise par Angela Merkel de stopper le nucléaire en Allemagne.

Cette étape précède le décret de démantèlement, qui pourra être pris après arrêt de la centrale et enquête publique, au plus tard dans les deux ans suivant la déclaration de mise à l'arrêt. Il a confirmé vouloir "garder la trajectoire actuelle de la transition énergétique" (la loi votée en 2015 prévoit de diminuer la part du nucléaire à 50% en 2025 contre 75% actuellement) mais il ne s'est pas engagé sur une date. "L'État entérinera juridiquement cette décision dans les prochains jours".

Le centriste Emmanuel Macron, qui a nommé Jean-Bernard Levy lorsqu'il était ministre de l'Economie, s'en tient lui au plan envisagé de transformer Fessenheim en un futur site pionnier pour le démantèlement des centrales.

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