Le président du Parlement accuse Nicolas Maduro de "coup d'État" — Venezuela

31 Mars, 2017, 01:42 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président de la Cour suprême du Venezuela Maikel Moreno le 3 mars 2017 à Caracas- AFP  Archives

Un porte-parole du département d'Etat a dénoncé un "grave recul" pour la démocratie au Venezuela.

La décision de la Cour suprême marque une nouvelle étape de la dérive autoritaire de Nicolas Maduro, que l'opposition espère chasser du pouvoir avant la présidentielle prévue en décembre 2018.

Le plus haut tribunal du pays a annoncé tard mercredi qu'il peut prendre les responsabilités des parlementaires, tant et aussi longtemps que ceux-ci continueront à faire fi de jugements qui annulent toutes les lois adoptées par l'Assemblée nationale contrôlée par l'opposition. Le président du Parlement vénézuélien Julio Borges a accusé jeudi le chef de l'État socialiste Nicolás Maduro de "coup d'État" après la décision de la Cour suprême de s'octroyer le droit d'édicter des lois. Ces trois sièges pouvaient changer beaucoup de choses, car avec eux, l'opposition aurait obtenu une majorité des deux tiers, convoquer un référendum, mettre en place une assemblée constituante, et entrainer donc surtout un départ précipité du président Nicolas Maduro. "Le moment est venu de crier à l'aide de la communauté internationale", a lancé depuis la Colombie Henrique Capriles, l'un des principaux opposants vénézuéliens.

"C'est un tribunal frauduleux qui interprète la Constitution à l'encontre de son propre texte", a réagi jeudi le député d'opposition Henry Ramos Allup, également ancien président du Parlement unicaméral de ce pays.

Avant cette décision du TSJ, la même instance avait déjà privé mardi les députés de leur immunité, les exposant à de possibles procès pour haute trahison devant des instances militaires. A l'inverse, le président Nicolas Maduro accuse l'opposition et l'Organisation des Etats américains (OEA) d'encourager une 'intervention internationale'. "Qui avait déjà entendu parler d'un coup d'Etat d'une Cour suprême?", s'est demandé Christopher Sabatini, expert de l'Amérique latine à l'université de Columbia de New York.

Outre le choc des pouvoirs au Venezuela, ce pays parmi les plus violents au monde est frappé par une pénurie qui concerne 68% des produits de base et l'inflation y est devenue incontrôlable (1660% fin 2017, prédit le FMI).

Au-delà de l'aspect politique et institutionnel, la décision du TSJ permet au gouvernement de Nicolas Maduro de court-circuiter le Parlement en matière économique.

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