Contre toute attente, Simone Gbagbo a été acquittée — Côte d'Ivoire

31 Mars, 2017, 01:35 | Auteur: Lynn Cook
  • Contre toute attente, Simone Gbagbo a été acquittée — Côte d'Ivoire

En acquittant Simone Gbagbo, la justice ivoirienne indique à Fatou Bensouda que le plus célèbre pensionnaire de Scheveningen mérite une relaxe pure et simple.

La CPI, qui brandit l'étendard de l'impunité contre les auteurs présumés de crimes relevant de sa juridiction, pourrait réactiver l'opportunité de l'exécution de son mandat d'arrêt émis à son encontre depuis le 29 février 2012 pour quatre chefs de crimes contre l'humanité qui auraient été commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 dans le contexte des violences post-électorales en Côte d'Ivoire. "Nous n'avons qu'à prendre acte", souligne le porte-parole du parti du président Alassane Ouattara. Les éléments de preuves brandis par la partie civile n'ont donc pas suffi aux 6 jurés pour condamner Dame Gbagbo.

Simone Gbagbo, l'ancienne " dame de fer " comme la surnommaient ses opposants, a été acquittée mardi après une requête d'emprisonnement à vie, à l'issue d'un procès fleuve qui a duré près de 10 mois et fait perdurer le suspens jusqu'au bout.

De quoi Simone Gbagbo était-elle accusée?

Au niveau des familles des victimes, c'est la tristesse et la désolation après que la sentence fut prononcée par la Cour.

" Peut-être que cela fera taire toutes les personnes qui prétendent que nous sommes dans une justice des vainqueurs, avance-t-il". Car, insiste Aly Yéo, "la réconciliation passe avant tout par la justice; sans justice la réconciliation n'est qu'illusion". De manière générale, l'on peut s'interroger sur l'impact que cet acquittement polémique de Simone Gbagbo peut avoir sur la réconciliation tant prônée par le pouvoir d'Alassane Ouattara. Pour cette raison mais aussi à cause du manque de rigueur du processus dans son ensemble, de nombreuses organisations des droits de l'homme ont décidé de se retirer purement et simplement des procédures. Depuis mai 2016, cette femme de 47 ans était jugée pour "crimes contre l'humanité" et "crime de guerre", après la crise meurtrière qui a touché la Côte d'Ivoire à la suite des élections présidentielles de 2010.

Au nombre des premiers facteurs favorables à Laurent Gbagbo il y a la déposition des témoins à charges. Incarcéré à la Haye et jugé par la cour pénale internationale (CPI), l'ex chef de l'Etat de Côte d'Ivoire nie sa responsabilité dans les massacres qui se sont produits lors de la crise, et dispose encore de partisans tenaces, notamment à Abidjan, son ancien fief électoral. C'est l'une des raisons pour lesquelles la CPI avait demandé à juger l'ex-Première dame. Jamais, en effet, dans l'histoire des peuples, l'on a assisté à une véritable réconciliation sans le prérequis de la vérité et de la justice.

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