Trump signe un décret abrogeant des mesures d'Obama sur le climat

30 Mars, 2017, 00:13 | Auteur: Lynn Cook

Première priorité pour le locataire de la Maison Blanche: encourager les énergies fossiles et notamment le "magnifique charbon propre" selon les mots du président élu en novembre 2016. Le président des États-Unis a signé, mardi, un décret ordonnant un réexamen du "Clean Power Plan" qui impose aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2.

S'il entrait en vigueur, il se traduirait par la fermeture de nombreuses centrales à charbon, les plus anciennes et les plus polluantes. Les partisans de Trump rétorquent que le décret de l'ancien président des États-Unis est actuellement bloqué par la justice qui avait été saisie par 28 États.

En déclin marqué, le charbon reste toutefois une composante importante du paysage énergétique américain.

"Donald Trump est en train de sacrifier notre avenir pour l'argent des énergies fossiles et laisse nos enfants en payer le prix, il s'éloigne de la promesse de trouver des moyens plus intelligents et plus propres pour augmenter notre prospérité et il met notre santé et celle de la planète en grave et inutile danger", remarque Bob Deans, de National Resources Defense Council, une association de défense de l'environnement. "De nombreux mineurs vont retrouver du travail", a-t-il assuré la semaine dernière lors d'un déplacement dans le Kentucky.

Mais la plupart des experts sont sceptiques et doutent que le décret qui sera signé mardi puisse se traduire par des créations nettes d'emplois. "Démanteler l'EPA et se débarrasser de la réglementation ne fera pas renaître l'industrie du charbon".

Sur la seule année 2015, la production de charbon américaine a diminué de plus de 10%, tombant à ses plus bas niveaux depuis 1986, et le nombre d'emplois dans ce secteur est passé de 88000 en 2008 à 66.000 en 2015, selon le ministère de l'Energie.

Les critiques du président américain estiment que sans réglementer les émissions, il sera difficile d'être à la hauteur des objectifs ambitieux de l'Accord de Paris sur le climat. Donald Trump a déclaré que ce texte était "non seulement illégal, mais mauvais pour les familles et les entreprises américaines".

M. Pruitt, qui a récemment affirmé, à rebours du consensus scientifique international, que les émissions de CO2 n'étaient pas une des causes majeures du réchauffement climatique en cours, a réitéré ses critiques sur l'accord de Paris sur le climat.

Un éventuel retrait des États-Unis, qui représenterait une véritable déflagration, fait l'objet de débats tendus au sein de l'administration. L'Inde, troisième émetteur mondial de gaz a effet de serre, a elle aussi ratifié le texte.

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