Plus aucun responsable turc en campagne en Allemagne

22 Mars, 2017, 00:36 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 18 mars 2017 à Canakkale en Turquie

Et au lendemain de menaces de la chancelière Merkel d'interdire tout rallye aux responsables turcs après avoir été accusée de "pratiques nazies" par M. Erdogan.

La veille, le chef de l'Etat turc, Recep Tayyip Erdogan, avait accusé la chancelière d'"appliquer des méthodes nazies" contre la communauté turque d'allemagne et contre les responsables turcs désireux de tenir des meetings dans ce pays, en vue du référendum du 16 avril en Turquie.

Car malgré le signal de détente en Allemagne, le président Erdogan ne renonce pas à sa rhétorique belliqueuse.

Autre signe de ces tensions: le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et l'agence DPA citant un document du ministère de l'Economie, affirment mardi soir que Berlin a bloqué depuis "début 2016 onze exportations (.) d'armes de poing, de munitions ou de composants d'armement", invoquant "une attention particulière accordée aux droits de l'homme dans les décisions d'exportations d'armes".

Si les lois sont violées, "le gouvernement allemand se réserve le droit de prendre toutes mesures nécessaires, y compris de réexaminer les interventions déjà approuvées", a dit la chancelière.

"Les comparaisons avec le nazisme sont inacceptables, sous quelque forme que ce soit", a déclaré la porte-parole en ajoutant qu'il appartenait désormais à la Turquie de mettre un bémol à sa rhétorique et d'éviter de nuire durablement aux relations bilatérales.

"Mais tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies", a-t-il lancé à l'adresse de la dirigeante allemande. "Nous sommes tolérants, mais pas idiots", ajoutait-il.

Les relations entre Ankara et l'Allemagne en particulier, l'Union européenne dans son ensemble, traversent une crise aiguë à l'approche du référendum du 16 avril qui doit renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Est-ce que cela respecte l'éthique de la politique?

Recep Tayyip Erdogan a aussi accusé dimanche le journaliste turco-allemand Deniz Yücel, incarcéré en Turquie, d'être un agent terroriste, tout en assurant qu'il serait jugé en toute indépendance par la justice turque.

Ces annonces interviennent après des semaines de bras de fer entre la Turquie et plusieurs pays européens, dont l'Allemagne.

Ce dernier a estimé dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel qu'Ankara n'avait pas réussi à "convaincre" de la responsabilité du prédicateur Fethullah Gülen dans le putsch manqué de juillet dernier.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a réaffirmé dimanche qu'un rétablissement de la peine de mort en Turquie empêcherait l'entrée du pays dans l'Union européenne (UE).

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