Le Brésil face à un vaste scandale de viande avariée

22 Mars, 2017, 00:26 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le Brésil face à un vaste scandale de viande avariée

La Chine et le Chili viennent de suspendre l'importation de viande brésilienne après la découverte d'un trafic de viande avariée provenant du pays sud-américain.

Le gouvernement brésilien met tout en oeuvre pour limiter la crise dans le secteur de la viande depuis que plusieurs entreprises brésiliennes sont soupçonnées d'avoir mis sur les marchés interne et international de la viande périmée.

En 2016, le Brésil a exporté pour plus de 859 millions de dollars de viande de poulet vers la Chine et pour 702,7 millions de viande bovine, selon le ministère du Commerce (MDIC).

Pour l'heure, 21 entrepôts frigorifiques sont visés par l'enquête. L'Union européenne (UE) a, elle, demandé au Brésil de supprimer les entreprises impliquées dans ce scandale de la liste de celles pouvant exporter vers l'UE.

"La Commission suit (le dossier) de très près avec les Etats membres et nous faisons preuve d'une vigilance supplémentaire dans les vérifications obligatoires sur les importations de produits issus d'animaux en provenance du Brésil", a souligné Enrico Brivio. Pas d'inquiétude pour autant, pour le moment aucune alerte n'a été lancée concernant des produits importés et vendus en Europe.

Le scandale, qui implique deux multinationales brésiliennes de l'agroalimentaire, JBS et BRF, "pourrait faire dérailler la reprise économique du pays", s'est inquiété le cabinet d'analyse Capital Economics, car "le Brésil fait face à une perte potentielle d'exportations d'environ 3,5 milliards de dollars, l'équivalent de 0,2% du PIB". Trois d'entre eux ont déjà été suspendus par précaution, et le ministère de l'Agriculture assure qu'il informera la population sur les produits concernés et ordonnera leur retrait des rayons s'ils ont déjà été commercialisés. Et 33 fonctionnaires impliqués ont été destitués.

Les négociateurs de l'UE et du Mercosur se sont justement retrouvés lundi à Buenos Aires pour un nouveau round de négociations.

Enfonçant le clou, Guy Hermouet, président de la section viande bovine et exportation d'Interbev (Association nationale inter-professionnelle du bétail et des viandes), a déclaré à l'AFP que sa fédération a toujours été "dubitative sur les contrôles et la qualité des viandes venant d'Amérique du sud, sur les hormones, les OGM ou les activateurs de croissance, on est loin des standards européens, sans parler du bien-être animal dans les feedlot industriels".

Recommande: