Pratiques "nazies" : pour Berlin, Erdogan a "dépassé une limite"

21 Mars, 2017, 01:49 | Auteur: Sue Barrett
  • Le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan à Istanbul le 12 mars 2017. 

La veille, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en était pris personnellement à la chancelière allemande Angela Merkel en réitérant ses accusations de pratiques dignes du nazisme. L'Allemagne venait alors d'interdire plusieurs meeting électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril sur l'extension des pouvoirs du président. "C'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie " suite aux propos "choquants" du président turc.

"Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plaît pas. Et moi, je l'approuverai sans hésiter", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours prononcé à Canakkale, dans le nord-ouest du pays.

L'Allemagne est au centre du bras de fer du président Erdogan avec l'Europe car elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

Proche de la chancelière, Julia Klöckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté: "Est-ce que M. Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est-elle interrogée devant la presse, appelant à supprimer "les aides financières qui se montent en milliards d'euros de l'Union européenne".

Alerte à la bombe au parquet financier — Paris
Tous les bâtiments adjacents à celui occupé par le pôle financier du TGI de Paris ont également été évacués. Mise à jour: L'alerte à la bombe a été levée vers 12h30.


La Turquie a par ailleurs réagi avec véhémence aux propos du patron des services de renseignements extérieurs allemands ce week-end.

Ce dernier a estimé dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel qu'Ankara n'avait pas réussi à "convaincre" de la responsabilité du prédicateur Fethullah Gülen dans le putsch manqué de juillet dernier. Ces déclarations interviennent au moment où des désaccords de fond ont eu lieu au cours du week-end pendant une réunion des grands argentiers du G20 en Allemagne, où les Etats-Unis ont ainsi notamment fait retirer du communiqué final une condamnation du "protectionnisme".

Utku Cakirozer, un ancien journaliste, qui est désormais un élu du Parti républicain du peuple (CHP), a également critiqué les interventions de l'Allemagne et des Pays-Bas, tout en affirmant que dans la démocratie turque, "la barre a été baissée considérablement et doit être relevée rapidement".

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