Merkel menace les responsables turcs d'interdiction de meetings électoraux

21 Mars, 2017, 00:32 | Auteur: Lynn Cook
  • Berlin menace d'interdire les meetings pro-Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris à Angela Merkel, l'accusant d'avoir des "pratiques nazies", en référence à l'interdiction de meetings électoraux en Allemagne en faveur du "oui" au référendum qui doit être organisé en Turquie le 16 avril.

Le gouvernement turc avait d'ores et déjà accusé, au début de ce mois, les autorités allemandes d'avoir recours à des pratiques "nazies" en interdisant des meetings et en empêchant la présence de ministres turcs sur le sol allemand.

Elu dimanche président du parti social-démocrate allemand SPD et challenger de Mme Merkel aux législatives du 24 septembre, Martin Schulz a jugé les propos de M. Erdogan "indigne d'un chef d'Etat". Pourtant, il s'agit de la première fois qu'il appelle si directement le Parlement à approuver la restauration de la peine capitale après le vote sur une révision constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs présidentiels, le 16 avril.

L'Allemagne est au centre du bras de fer du président Erdogan avec l'Europe car elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires. "Une proche de la chancelière allemande, Julia Klöckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté".

La Turquie a par ailleurs réagi avec véhémence aux propos du patron des services de renseignements extérieurs allemands ce week-end. "C'est insolent, c'est une effronterie que le dirigeant d'un pays ami insulte ainsi la dirigeante de ce pays" a estimé l'ancien président du Parlement européen. "Si la peine de mort est réintroduite en Turquie, cela entraînera la fin des négociations" du pays, a déclaré Jean-Claude Juncker dans l'édition dominicale du quotidien allemand Bild, en parlant de "ligne rouge". Une mesure abolie en 2004 dans le cadre du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE.

Le ministre danois des Affaires étrangères Anders Samuelsen a quant à lui annoncé dimanche qu'il convoquait l'ambassadeur de Turquie à Copenhague pour évoquer les menaces "inacceptables" dont avaient fait état des binationaux turco-danois critiques du président Erdogan.

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