La crise diplomatique avec l'Allemagne et les Pays-Bas s'aggrave — Turquie

21 Mars, 2017, 00:55 | Auteur: Sandy Vega
  • Le président turc Erdogan mène une campagne en faveur de sa réforme consitutionnelle auprès de la diaspora turque en Europe de l'Ouest

Le président turc a également promis de "nouvelles mesures" pour sanctionner ce qu'il qualifie de "terrorisme d'État" de la part des Pays-Bas. Face aux déclarations outrancières des responsables turcs, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a durci le ton: "Il est hors de question que des excuses soient faites, ce sont eux qui devraient faire des excuses pour ce qu'ils ont fait hier".

La police néerlandaise a escorté dimanche la ministre turque de la Famille jusqu'à la frontière allemande après l'avoir empêché d'entrer dans le consulat de Turquie à Rotterdam. "Nous répondrons en conséquence à ce comportement inacceptable", a-t-il ajouté. Recep Tayyip Erdogan a déjà dénoncé "le nazisme et le fascisme" des Pays-Bas et assuré que ces derniers "paieront le prix".

Mais à l'approche des élections législatives de mercredi prochain, où le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, islamophobe et anti-immigration, devrait progresser au terme d'une campagne qui a surtout tourné autour de ces thèmes de prédilection, les autorités néerlandaises ont refoulé samedi deux ministres turcs.

Si plusieurs meetings ont été annulés, aucun pays européen n'avait pris jusqu'alors la décision d'interdire la venue de ministres turcs.

Lundi soir, la Turquie a annoncé la suspension des relations au plus haut niveau avec les Pays-Bas et son refus du retour à Ankara de l'ambassadeur néerlandais. "Une campagne (électorale) turque n'a rien à faire ici, en Allemagne", a déclaré le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière.

La Turquie tente-t-elle de "profiter de l'interdiction en Europe de ces meetings antidémocratiques pour prendre une position victimaire auprès des électeurs de la diaspora"? En effet, les dirigeants turcs s'estiment "dans leur bon droit lorsqu'ils insistent pour s'adresser aux quelque trois millions d'électeurs de l'étranger dans les pays où ils se trouvent", et anticipent l'impact en faveur du "oui" que vont jouer des "interdictions et les annulations sont impopulaires chez les Turcs" [RFI]. En effet, en dépit de son auto-marginalisation croissante, la Turquie reste membre de l'Otan et candidate à l'UE.

Le quotidien accuse l'Europe et les Pays-Bas d'hypocrisie et critique les pays européens qui ont interdit les manifestations des ministres turcs.

" En tant que ministre détentrice d'un passeport diplomatique, je n'ai pas besoin d'autorisation pour venir rencontrer mes concitoyens à notre consulat, qui est considéré comme territoire turc", a déclaré la ministre, soulignant: " Nous n'avons aucune intention d'interférer dans les affaires intérieures des Pays-Bas. Les Pays-Bas comptent près de 400.000 personnes d'origine turque. "La France n'est pas tombée dans ce piège", a-t-il dit. Une décision qui a suscité de vives réactions dans la classe politique française, à quelques semaines des élections présidentielles. Les candidats de droite François Fillon et d'extrême droite Marine Le Pen ont estimé que la France n'aurait pas dû autoriser ce meeting.

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