Les forces irakiennes reprennent le siège du gouvernement provincial — Mossoul

20 Mars, 2017, 00:42 | Auteur: Lynn Cook
  • Des habitants du quartier Tarayan sont évacués par la police fédérale le 5 mars 2017

"L'ennemi s'était battu férocement sur la première ligne de défense", a indiqué à l'AFP le général Maan al-Saadi, haut commandant des CTS, en référence aux premiers quartiers repris par les forces irakiennes depuis le lancement le 19 février de leur offensive pour la reconquête de Mossoul-Ouest. 'Il a probablement donné de grandes orientations stratégiques' à ses chefs militaires sur place et les a laissés mener le combat.

C'est à Mossoul qu'Abou Bakr Al-Bagdadi avait proclamé son 'califat' en juin 2014. Le chef de l'EI est traqué par le commandement américain des forces spéciales (Socom) et les agences de renseignement américaines, comme l'avait été avant lui le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden. Les djihadistes en compteraient ainsi "2500 dans l'ouest de Mossoul et la ville voisine de Tal Afar" en Irak, "un millier" dans la poche de Hawija, en Irak également et "3 à 4000" à Raqa en Syrie, selon le responsable. "Le musée est complètement dévasté, les antiquités ont été volées ", a déploré l'officier Abdel Amir al-Mohammedawi, des Forces d'intervention rapide, troupe d'élite du ministère de l'intérieur. Elle permet aux forces irakiennes de resserrer l'étau autour de la vieille ville de Mossoul, où elles s'attendent à devoir livrer les combats les plus durs. Des centaines de femmes de la minorité religieuse yézidie y avaient été également détenues, selon des témoignages. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, seuls 50 000 des 750 000 habitants qui étaient sur place au moment du déclenchement de l'offensive ont quitté la ville pour se réfugier dans des camps de déplacés. "La vie était difficile, on avait faim, on ne mangeait que du pain et du tahini", selon un autre déplacé.

"Je n'hésiterai pas à frapper les positions terroristes dans les pays voisins s'ils menacent la sécurité de l'Irak", a déclaré M. Abadi lors d'un discours prononcé dans la province de Souleimaniyeh, agglomération située à 270 km au nord-est de Bagdad. Notamment de la part des Etats-Unis, qui ont annoncé mercredi un renforcement de leurs moyens sur le terrain.

De son côté, Washington prévoit d'ajouter 400 soldats américains aux 500 déjà présents dans le nord de la Syrie, où ils appuient notamment l'offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde) contre Raqa.

Selon le même responsable américain, le groupe EI a perdu "65% du terrain" qu'il contrôlait à son expansion maximale en 2014 et "près de la moitié des combattants" dont disposait le groupe EI à son apogée ont été tués.

Dans le cadre de cette résistance, "Il n'y a vraiment aucun indice prouvant que Daesh ait utilisé l'arme chimique", a affirmé vendredi Mohamed Alhakim, l'ambassadeur irakien auprès des Nations unies, utilisant un acronyme arabe pour désigner le groupe État islamique (EI).

Déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie, la guerre en Syrie, qui a fait plus de 310 000 morts, est devenue très complexe avec l'implication de groupes jihadistes, de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé.

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