L'assaillant a dit "Je suis là pour mourir par Allah" — Attaque d'Orly

19 Mars, 2017, 00:40 | Auteur: Sue Barrett
  • L'assaillant a dit

Des officiers du Raid sécurisent l'enceinte de l'aéroport d'Orly, samedi 18 mars 2017. La lutte dure un temps assez long, peut-être 30 secondes ou une minute.

Un Français de 39 ans a été abattu samedi matin par les forces de sécurité à l'aéroport d'Orly-Sud, près de Paris, après avoir attaqué une patrouille militaire de l'opération Sentinelle, au terme d'un parcours mouvementé à travers la banlieue parisienne. "Je suis la pour mourrir par Allah, de toute façon, il va y avoir des morts". C'est alors qu'il déclare: "Posez vos armes, mains sur la tête!" Il se serait servi de cette dernière comme d'un bouclier humain, pointant son revolver contre sa tempe.

L'attaque est survenue un mois et demi après une précédente agression contre une patrouille militaire au musée du Louvre, au coeur de Paris. "Il se débat avec la militaire pour lui prendre son Famas". Elle intervient également alors que la Belgique s'apprête à commémorer le 1er anniversaire des attentats de l'aéroport et du métro de Bruxelles le 22 mars (32 morts).

Un terroriste? "On a en l'état deux éléments majeurs qui justifient la saisine du parquet antiterroriste: le choix de la cible, qui n'est pas indifférent, et ce signe de radicalisation que sont les propos qu'il tient lors de l'attaque", avance François Molins, samedi soir. L'assaillant avait aussi lâché un baril d'hydrocarbure avant d'attaquer la militaire. "Ziyed Ben Belgacem est arrêté car il roulait très vite, tous feux éteints", explique le procureur.

"Détecté comme radicalisé", il avait fait l'objet en 2015 d'une perquisition administrative, qui "n'avait rien donné", selon une source policière.

Sur lui, les policiers découvrent " la somme de 750 euros ainsi qu'un Coran et un paquet de cigarettes ". Fiché S, il avait vu son domicile perquisitionné dans le cadre de l'état d'urgence.

Trois personnes sont actuellement en garde à vue dans ce dossier: le père, le frère et un cousin de Ben Belgacem. Selon eux, Zyed Ben Begacem les aurait appelé un peu après 7 heures du matin en leur confiant avoir " fait une bêtise ".

Le ministre a aussi affirmé qu'un fonctionnaire de police avait été blessé lors d'un contrôle de police dans le Val d'Oise.

Ziyed Ben Belgacem a ensuite pris la fuite, avant de se rendre à Vitry-sur-Seine, dans un bar qu'il a l'habitude de fréquenter, comme l'a précisé le procureur.

"A l'intérieur de l'établissement, il met " en joue " les clients et tire avec son pistolet à plusieurs reprises " sans faire de blessé ". Il parcourt quelques kilomètres avant d'abandonner sa voiture, recherchée par les forces de l'ordre.

À 08h05, il arrive à Orly, et se rend au premier étage du terminal sud de l'aéroport. "Il n'a pas lâché prise, la militaire a résisté, il a voulu aller au bout de ce processus destructeur", a dit Molins.

La police a rapidement retracé le parcours de l'assaillant.

Le casier judiciaire de l'assaillant comporterait " neuf mentions " pour des faits de droit commun, dont des vols à main armée et du trafic de stupéfiants. Il a effectué plusieurs peines de prison et était sous contrôle judiciaire. Il avait été libéré sous contrôle judiciaire en septembre "à la suite d'une demande de libération qu'il avait formulée".

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