L'Institut Pasteur visé par une enquête — Trafic de virus

09 Mars, 2017, 00:35 | Auteur: Jonathan Ford
  • Des échantillons du dangereux Mers Coronavirus ont été transportés de façon clandestine et mal conservés une fois arrivés à l’Institut Pasteur

La nouvelle affaire, qui vaut à l'institution d'être sous le coup d'une enquête préliminaire depuis décembre 2016, concerne le transport dans des conditions rocambolesques d'échantillons de Mers Coronavirus entre la Corée du Sud et la France.

La destruction des échantillons viraux avait été réalisée le 27 octobre 2015 par l'Institut Pasteur, sans analyse préalable de leur nature au niveau moléculaire. L'Institut avait tout simplement oublié de signaler l'incident à l'autorité sanitaire, comme la loi le lui impose.

Outre les vols d'ordinateur, le risque de diffusion d'informations confidentielles et les pertes de tubes contenant des bactéries mortelles, les autorités ont ouvert une enquête judiciaire après un grave dysfonctionnement de transport de micro-organismes et toxines.

En 2015, "une scientifique de l'Institut Pasteur de Corée a transporté clandestinement, à bord d'un vol Séoul-Paris, trois tubes d'échantillon de Mers Coronavirus , un virus potentiellement mortel transmissible par le chameau" apprend-on dans les colonnes du Parisien . L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a signalé les faits à la police. Selon le quotidien, ils auraient été stockés pendant une semaine dans une simple boîte de produit cosmétique qui reposait sur "l'étagère du bureau d'un chercheur de l'Institut". Suite à un article publié le 5 octobre 2016 dans la presse coréenne, soit presque un an après les faits, l'institut Pasteur de Paris avait confirmé dans un communiqué qu'"un dépôt d'échantillons biologiques, sans information préalable à ce dépôt, [avait] bien eu lieu dans une unité de recherche le vendredi 16 octobre 2015".

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Contacté mardi, Christian Bréchot se défend de tout risque sanitaire. "L'erreur est de ne pas avoir effectué de déclaration auprès de l'ANSM [l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé]".

Cette défense n'a pas satisfait l'ANSM, à l'origine de l'enquête préliminaire confiée aux policiers de la direction régionale de la police judiciaire.

"L'absence de déclaration n'a pas permis la mise en oeuvre de mesures de police sanitaires immédiates permettant d'évaluer avec certitude le danger de la situation, ni le déploiement éventuel de mesures de protection des populations" observe l'ANSM dans son rapport d'investigation transmis à la justice" que Le Parisien a pu consulter.

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