Ce que le parquet reproche aux principaux acteurs — Arbitrage Tapie

09 Mars, 2017, 00:21 | Auteur: Aubrey Nash
  • L'homme d'affaires a touché 404 millions d'euros pour régler son litige avec le Crédit lyonnais en 2008

L'information judiciaire, ouverte en 2012, porte sur la sentence arbitrale, qui en 2008 a octroyé 404 millions d'euros à Bernard Tapie, dont 45 au seul titre du préjudice moral, pour trancher le litige, vieux de plus de 20 ans, avec le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas en 1994.

Et un nouveau rebondissement dans l'affaire Tapie!

Le parquet de Paris a demandé un procès pour Bernard Tapie et cinq autres personnes dans l'enquête sur l'arbitrage qui a permis à l'homme d'affaires de toucher 404 millions d'euros pour régler son litige avec le Crédit lyonnais, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Dans ses réquisitions, le parquet de Paris a également demandé lundi le renvoi en correctionnelle de Jean-François Rocchi, ex-président du Consortium de réalisation (CDR), organisme chargé de liquider les actifs du Crédit Lyonnais, de Bernard Scemama, ancien président de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), qui assurait la tutelle du CDR, de Maurice Lantourne, l'avocat de Bernard Tapie, et de Pierre Estoup, l'un des trois juges-arbitres. Mais il s'est pourvu en cassation, et ce recours est toujours devant la plus haute juridiction. C'est dans ce dossier que Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'Economie et aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a été reconnue le 19 décembre coupable de "négligence" par la Cour de justice de la République, mais dispensée de peine et d'inscription au casier judiciaire, une décision qui a suscité de vives critiques.

Tout au long de la procédure, Pierre Estoup a "systématiquement oeuvré en faveur des intérêts de Bernard Tapie".

Le réquisitoire est "bourré d'insuffisances, de contradictions et d'incohérences", a estimé Hervé Temime, avocat de l'homme d'affaires, "l'hypothèse d'un procès va nous donner la possibilité de tout mettre sur la table".

La raison? Le parquet requiert que les six protagonistes de ce scandale politico-financier soient renvoyés pour "escroquerie en bande organisée". Bernard Tapie crie à la fraude.

"Faux", a réagi son avocat, Renaud Bertin. "La sentence a été rendue à l'unanimité des trois juges", a-t-il ajouté, s'étonnant que seul son client soit mis en cause.

Les investigations ont ainsi mis en lumière les nombreuses visites à l'Elysée de Bernard Tapie, qui avait appelé à voter pour Nicolas Sarkozy en 2007.

Ainsi, cette réunion de fin juillet 2007, moment crucial avant le choix de l'arbitrage. L'homme d'affaires, devenu homme politique, décide de cesser ses activités économiques, rappelle Le Figaro. Entendu par les juges, Claude Guéant avait été placé sous le statut de témoin assisté.

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