L'A400M plombe lourdement les comptes annuels — Airbus

23 Février, 2017, 00:31 | Auteur: Aubrey Nash

Airbus recule en Bourse mercredi, plombé par les déboires de l'avion de transport militaire A400M et malgré des résultats annuels supérieurs aux attentes grâce à ses avions civils A320 et A350.

"Nous avons honoré les engagements pris l'année dernière en termes de performances et d'objectifs, à l'exception de l'A400M qui a représenté une charge totale de 2,2 milliards d'euros en 2016", a reconnu le président exécutif Tom Enders, cité dans le communiqué. Airbus a livré 17 avions militaires en 2016 contre 11 en 2015, et deux depuis le début de l'année 2017. La direction a néanmoins décidé de s'écarter du taux habituel de distribution pour proposer un dividende de 1,35 euro par action, en hausse de 4% par rapport à celui de 2015.

En 2016, le chiffre d'affaires de l'industriel européen a progressé de 3% à 67 milliards d'euros, tandis que le résultat opérationnel ajusté ressortait à 3,955 MdsE, en légère contraction. Les prises de commandes, elles, ont totalisé 134 MdsE, après 159 MdsE en 2015. La valeur totale du carnet de commandes s'est établie à 1.060 milliards d'euros au 31 décembre 2016.

Le flux de trésorerie disponible avant fusions, acquisitions et financements clients a progressé de 6%, à 1,4 milliard d'euros.

Cette année, Airbus, sur la base des projections des organismes indépendants sur l'économie et le trafic aérien, prévoit de livrer plus de 700 avions commerciaux et de dégager une croissance de quelques pourcents de l'EBIT ajusté et du bénéfice par action ajusté par rapport à 2016, avant opérations de fusion et acquisitions.

Airbus a annoncé à l'automne 2016 un plan de suppression d'emplois de 1.164 postes en Europe dans le cadre d'une restructuration du groupe afin de réduire les coûts. Car si le directeur financier a indiqué lors de la conférence de présentation que le groupe ne prévoit pas de nouvelle dépréciation sur le programme en 2017, force est de constater que le risque n'est pas encore définitivement stérilisé, au regard des déclarations de Tom Enders. La faiblesse de la demande a par ailleurs obligé l'avionneur européen à réduire la production de son très gros porteur A380, l'amenant à construire chacun de ces appareils à perte.

Airbus indique que "des goulots d'étranglement" demeurent dans la chaîne des fournisseurs de l'A350, même si la situation s'est améliorée. Cela n'empêche pas le titre d'accuser le coup à l'ouverture, avec une baisse de -1,4% à 66,29 euros, qui vient assez logiquement sanctionner les dérives de l'A400M.

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