L'héritier de Samsung de nouveau entendu lundi — Corée du Sud

17 Février, 2017, 00:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Lee Jae Yong à sa sortie du tribunal à Séoul le 18 janvier 2016-AFP  Archives  JUNG Yeon-Je

La justice sud-coréenne examinait jeudi une nouvelle demande d'arrestation de l'héritier de l'empire Samsung, après avoir refusé une première fois de le placer en détention provisoire comme le souhaitent les enquêteurs qui planchent sur un retentissant scandale de corruption. La justice s'était refusée à le faire en janvier.

Le scandale a conduit le Parlement à voter massivement début décembre la destitution de la présidente Park Geun-hye, suspendue de ses fonctions dans l'attente d'une confirmation du vote des parlementaires par la Cour suprême.

L'équipe spéciale d'enquêteurs avait envoyé une onde de choc dans les rangs du conglomérat en requérant l'arrestation de M. Lee pour des soupçons de corruption, d'abus de biens sociaux et de parjure.

Le premier fabricant mondial de téléphones portables, qui pèse un cinquième de l'économie sud-coréenne, se remettait déjà à peine de la débâcle du rappel planétaire de son Galaxy Note 7 aux batteries explosives.

Les enquêteurs ont fait savoir qu'ils décideront de demander à nouveau ou non l'arrestation de M. Lee en fonction du résultat de cette nouvelle audition.

"Nous avons besoin d'interroger M. Lee au sujet de choses que nous avons découvertes (après le rejet du mandat d'arrêt)", a déclaré Lee Kyu-Chul, porte-parole des enquêteurs.

"Jay Y. Lee, qui est âgé de 48 ans, avait été interrogé pendant 22 heures d'affilée le mois dernier avant que le procureur spécial n'émette un mandat d'arrêt, demande qui avait ensuite été rejetée par un tribunal de Séoul".

En échange, il aurait obtenu des faveurs de la part de Mme Park.

M. Lee est devenu le patron de facto de Samsung après la crise cardiaque de son père en 2014. Celle-ci est soupçonnée de s'être servie de son entregent pour contraindre les grands groupes industriels à "donner" près de 70 millions de dollars à des fondations douteuses sous son contrôle. Mme Park est accusée elle de collusion, et d'avoir permis à Mme Choi de se mêler des affaires de l'Etat sans détenir le moindre titre officiel. Le patron de Samsung aurait lui-même donné l'ordre de verser 43 millions de dollars à la fondation de Choi Soon-sil. Il a également versé à l'amie de 40 ans de la présidente des millions d'euros, sous couvert de financer en Allemagne les entraînements sportifs de cavaliers sud-coréens, parmi lesquels la fille de Mme Choi.

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